Une progression à plusieurs vitesses dans le marché du biocontrôle
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Biocontrôle : vers une nouvelle génération de produits de protection des plantes
Le biocontrôle continue de s’installer dans les stratégies des fournisseurs, avec toutefois des niveaux d’engagement très variables selon les entreprises. Derrière la tendance globale à la hausse, les acteurs décrivent un marché encore fortement influencé par les aléas sanitaires, climatiques et réglementaires.
Le biocontrôle progresse, mais à des rythmes différents
Longtemps cantonné à quelques segments spécialisés, le biocontrôle occupe désormais une place structurante dans les portefeuilles de plusieurs fournisseurs. Mais la dynamique reste hétérogène : certains marchés semblent stabilisés, tandis que d’autres continuent d’afficher de fortes perspectives de développement, notamment autour des phéromones et des auxiliaires.
| Entreprise | Chiffre d’affaires global en France (en M €) | Part du CA réalisée en biocontrôle |
| Bayer | 459.9 | <5 % |
| Corteva | 200 | ~5 % |
| Adama | 170 | <5 % |
| Certis Belchim | 145 | 13 % |
| UPL | 135 | 16 % |
| Cérience | 110 | NC |
| De Sangosse | 108 | 34 % |
| Sipcam France | 55 | 23 % |
| Sumi Agro | 46 | ~30 % |
| Ascenza | 39 | 3.50 % |
| Vivagro | 16 | 45 % |
| Koppert | 14 | 100 % |
| Andermatt | 11.5 | 100 % |
| CBC Biogard | 10.3 | 99 % |
| Agrobio | 2.5 | 100 % |
| Agriodor | NC | 100 % |
| M2i Group | NC | 75 % |
Les chiffres traduisent d’abord une grande diversité de positionnement. Chez les acteurs historiques de la protection conventionnelle, la part du biocontrôle reste souvent limitée, généralement inférieure à 5 % du chiffre d’affaires. Quelques groupes affichent néanmoins des objectifs de progression, à l’image de Bayer, qui ambitionne de porter le biocontrôle à 10 à 15 % de son activité en France d’ici cinq ans.
À l’inverse, plusieurs spécialistes ou acteurs déjà fortement implantés sur ces marchés affichent des parts beaucoup plus élevées. De Sangosse atteint ainsi 34 % de son activité en biocontrôle, Sipcam France 23 %, tandis que Vivagro, Koppert ou Andermatt sont très majoritairement, voire totalement, positionnés sur ce segment.
Le poids déterminant des conditions de campagne
Les réponses mettent également en évidence un marché très dépendant des aléas sanitaires et climatiques. Plusieurs entreprises soulignent que les variations de chiffre d’affaires sont directement liées à la pression limaces, mildiou ou maladies observées pendant la campagne. Certis Belchim et UPL évoquent ainsi des évolutions fortement corrélées au contexte agronomique annuel, ce qui rend difficile toute lecture linéaire des volumes commercialisés.
Autre enseignement, certains marchés semblent désormais arriver à maturité. Sumi Agro indique par exemple que ses parts de marché sont désormais bien établies, limitant les perspectives de progression rapide. Plusieurs entreprises parlent ainsi davantage de consolidation que de décollage.
Pour autant, quelques acteurs continuent d’afficher des dynamiques très soutenues. M2i Group évoque une activité “en constante accélération”, portée par de nouvelles homologations et l’ouverture de nouveaux marchés à l’international. Sur cinq ans, les ventes de ses produits finis de biocontrôle auraient été multipliées par dix. Même constat chez Agrobio, qui observe une hausse de la demande en insectes auxiliaires, stimulée par le retrait de certaines solutions phytosanitaires et les phénomènes de résistance.
Les retours des fournisseurs dessinent un marché du biocontrôle qui poursuit sa structuration, avec des rythmes de développement très variables selon les cultures, les usages et le degré de maturité des gammes. Derrière la tendance globale à la hausse, les entreprises décrivent surtout un marché encore fortement dépendant du contexte réglementaire, climatique et technique des campagnes agricoles.