Omnibus Sécurité alimentaire : « Ne pas risquer que la définition du biocontrôle soit trop large » (IBMA)
La Commission européenne veut accélérer le développement du biocontrôle via son paquet de simplification « Omnibus ». Si IBMA salue cette volonté, l’association alerte sur une définition jugée trop large, qui pourrait ouvrir le biocontrôle à certains produits phytopharmaceutiques conventionnels. Elle plaide pour un cadre européen plus précis, capable d’intégrer l’innovation tout en préservant la spécificité du secteur.
Biocontrôle : IBMA veut encadrer la future définition européenne
La Commission européenne veut accélérer le développement du biocontrôle, mais la définition proposée dans le paquet de simplification « Omnibus » suscite des réserves. « Nous partageons avec la Commission l’importance d’inclure les innovations dans la définition du biocontrôle, qu’elle soit ouverte et durable. Mais il ne faut pas qu’elle devienne trop large et ouvre le biocontrôle aux produits phytopharmaceutiques conventionnels à base de substances naturelles », avertit Isabelle Pinzauti Babrzyński, responsable plaidoyer et relations publiques d’IBMA, le 9 avril 2026.
Présentée le 16 décembre 2025, la proposition de la Commission européenne prévoit plusieurs mesures pour simplifier l’accès au marché des solutions de biocontrôle : priorité donnée aux procédures d’évaluation, autorisations provisoires pour les nouveaux produits, création d’une zone unique européenne pour le biocontrôle et les produits à faible risque, ou encore renouvellements d’approbation illimités pour certaines substances actives.
Pour IBMA, la future définition du biocontrôle doit toutefois être précisée. L’association demande notamment l’intégration des médiateurs chimiques dans une catégorie spécifique, la suppression de l’exclusion des métaux lourds, ainsi que la prise en compte des substances « structurellement similaires et fonctionnellement identiques » aux substances naturelles, même lorsqu’elles sont produites synthétiquement.
La définition du biocontrôle défendue par IBMA
Dans le cadre du paquet « Omnibus », IBMA souhaite une définition européenne du biocontrôle suffisamment ouverte pour intégrer l’innovation, tout en évitant d’y inclure des produits phytopharmaceutiques conventionnels à base de substances naturelles.
L’association propose notamment d’intégrer les médiateurs chimiques dans une catégorie dédiée et de reconnaître certaines substances synthétiques lorsqu’elles sont « structurellement similaires et fonctionnellement identiques » à des substances naturelles.
Pour relever du biocontrôle, une substance devrait selon IBMA respecter plusieurs critères :
• présenter un comportement biologique équivalent à celui de la substance naturelle ;
• suivre des voies de dégradation biologiques reconnues ;
• ne pas modifier le site actif responsable de la fonction biologique ;
• être composée de briques moléculaires naturellement présentes.
IBMA demande aussi que ces critères soient validés dès la phase de présoumission afin de clarifier rapidement le statut biocontrôle des substances auprès des autorités européennes.
IBMA soutient également l’idée d’approbations illimitées, mais souhaiterait qu’elles concernent aussi les produits de biocontrôle et pas seulement les substances actives. L’association demande enfin une évaluation des mesures de simplification et, à plus long terme, la création d’un règlement européen spécifique au biocontrôle.
Selon Isabelle Pinzauti Babrzyński, les discussions pourraient toutefois prendre du temps. « Le biocontrôle bénéficie d’un large soutien politique, mais d’autres volets du texte sont beaucoup plus controversés », explique-t-elle. Le début du trilogue n’est ainsi pas attendu avant janvier 2027.