Dans un environnement incertain, miser sur la fertilisation foliaire sécurise la performance
Alors que les coûts des engrais au sol restent élevés et que les approvisionnements demeurent incertains, la fertilisation foliaire gagne du terrain. Ce complément ciblé, complémentaire aux apports au sol permet d’ajuster les nutriments aux stades critiques des cultures et de sécuriser le rendement tout en optimisant les charges de l’exploitation.
Raisonner chaque unité fertilisante
« Depuis le mois de janvier, certaines matières premières ont augmenté de manière très significative », souligne Jacky Dumont, responsable France des spécialités chez ICL. Azote, phosphore, soufre, potasse… toutes les grandes familles d’engrais sont concernées. Les tensions sur les matières premières et les énergies fossiles, amplifiées par les incertitudes géopolitiques, modifient les paramètres de conseil : l’enjeu n’est plus seulement de maximiser le rendement, mais d’accompagner les clients dans sa sécurisation tout en optimisant les charges. Dans ce contexte, la fertilisation foliaire s’impose comme un outil précis et réactif, permettant d’ajuster les apports aux stades clés des cultures.
Face à la hausse des coûts, les agriculteurs adaptent rapidement leurs pratiques. « La première réaction, c’est souvent de réduire les doses, notamment sur le phosphore », observe-t-il. Un ajustement qui n’est pas sans conséquence : cette stratégie affecte forcément le rendement de la culture.
La fertilisation foliaire, un outil de précision au bon moment
La fertilisation foliaire apparaît alors comme un levier complémentaire, capable de sécuriser la nutrition des cultures sans réengager des volumes importants d’engrais au sol. Appliquée directement sur la plante, la fertilisation foliaire se distingue par sa rapidité d’action. « Quand on pulvérise, l’effet est pratiquement immédiat », explique Jacky Dumont. Son intérêt repose sur une logique agronomique fine : intervenir aux stades clés. « On va appliquer des nutriments spécifiques au moment où la plante en a besoin, ou idéalement juste avant, car si les symptômes apparaissent, la carence est déjà installée », précise-t-il.
La fertilisation foliaire suppose une bonne connaissance du cycle des cultures, pour raisonner les apports au plus juste. D’autant que les formulations actuelles intègrent plusieurs éléments. « Une plante ne consomme jamais que de l’azote, du phosphore ou que de la potasse : elle consomme tous les éléments en même temps, mais à des proportions différentes. ». Résultat : les engrais foliaires Agroleaf Power, Agroleaf Liquid et Nutrivant, développés par ICL, sont conçus comme des cocktails nutritionnels complets, intégrant par exemple un élément prépondérant, comme l’azote, le phosphore ou la potasse et des oligo-éléments, pour accompagner le métabolisme de la plante.
Bien préparer sa bouillie : un ordre d’incorporation à respecter
Pour garantir l’efficacité des apports et éviter les incompatibilités, l’ordre d’introduction des produits dans la cuve est essentiel.
Les bonnes pratiques à retenir :
• Commencer par remplir la cuve avec de l’eau
• Incorporer l’engrais foliaire en premier, disponible sous forme liquide ou de poudre
• Bien homogénéiser le mélange
• Ajouter ensuite les produits de protection des plantes
Un respect rigoureux de cet ordre limite les risques de réactions indésirables, comme la formation de dépôts dans la cuve et garantit une application optimale.
Comme pour les produits de protection des plantes, l’efficacité des apports foliaires repose sur de bonnes pratiques. Première règle : intervenir dans de bonnes conditions climatiques. « Il ne faut pas traiter en plein stress, ni en pleine chaleur. Le matin ou le soir restent les meilleurs moments. », souligne Jacky Dumont. Autre point clé : la qualité de pulvérisation. « Il faut couvrir un maximum de surface foliaire. La quantité d’eau est souvent minimisée, mais elle joue un rôle essentiel. Il ne faut pas hésiter à en ajouter un peu plus. », explique-t-il.
Un levier pour sécuriser les situations à risque
La fertilisation foliaire se révèle encore plus dans des contextes agronomiques contraints. Excès d’eau, sols calcaires, blocages d’éléments… « Quand les racines sont asphyxiées ou que les éléments sont bloqués dans le sol, l’apport foliaire devient une des seules solutions », souligne Jacky Dumont. Elle permet également de relancer la dynamique de la plante : « On arrive à relancer le métabolisme, et même à recréer une forme de circulation entre les feuilles et les racines. ». Autre cas d’usage : les situations de stress, notamment après un désherbage. « Même sélectif, l’application d’un herbicide a un impact sur la plante. Ajouter un engrais foliaire peut l’aider à passer ce cap. »
Si la fertilisation foliaire ne remplace pas les apports de fond, elle s’intègre facilement dans les itinéraires techniques. « Ce sont des compléments, il faut bien le retenir », insiste l’expert. Son principal atout économique réside dans sa compatibilité avec les traitements phytosanitaires. « Dans la mesure où les produits sont miscibles, le coût de passage n’intervient plus. On ne fait qu’ajouter du bonus. » De plus en plus d’agriculteurs adoptent ainsi une logique d’apports réguliers. « À chaque passage de pulvérisateur, ils ajoutent une petite dose d’engrais foliaire pour alimenter la plante en continu. » Une stratégie qui permet d’anticiper les carences pour sécuriser le rendement.
Des essais qui confirment l’intérêt économique et agronomique
Les essais menés sur différentes cultures montrent que la fertilisation foliaire, intégrée à une stratégie globale, permet de :
• Maintenir, voire améliorer le rendement, en particulier dans les situations à risque (stress hydrique, excès d’eau, blocages du sol)
• Optimiser l’efficacité des apports, grâce à une assimilation rapide et ciblée par la plante
• Sécuriser les stades clés, en apportant les éléments nutritifs au moment où les besoins sont les plus élevés
• Améliorer la rentabilité, notamment lorsque les apports sont réalisés en complément d’un passage phytosanitaire, sans coût supplémentaire de pulvérisation
Les résultats montrent ainsi que même à faibles doses, des apports réguliers peuvent limiter les effets des carences invisibles et préserver le potentiel de production.
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