Lait : collecte en hausse en 2025, mais bio et commerce extérieur sous pression
La collecte laitière française repart à la hausse en 2025, tirée par le conventionnel. Mais le recul du bio, la dégradation du commerce extérieur et la baisse attendue des prix en 2026 assombrissent les perspectives.
Une collecte en reprise, portée par le lait conventionnel
La collecte de lait française atteint 24,2 Mt en 2025, en hausse de 2,2 % sur un an, selon l’Idele. Cette progression repose principalement sur le lait conventionnel (+2,6 %), tandis que le bio poursuit son repli.
La collecte de lait biologique tombe à 1,13 milliard de litres, soit 4,8 % du total, contre 5,1 % en 2024. Elle enregistre une troisième année consécutive de baisse (-4,7 %), dans un contexte de déconversions qui se poursuivent, avec 3 600 livreurs recensés, contre 4 300 au pic de 2022.
Côté prix, le lait standard s’établit en moyenne à 486 €/1 000 litres départ ferme, tandis que le prix réellement payé aux producteurs atteint 515 €/1 000 litres, en hausse de 26 € sur un an. En bio, le prix progresse également, à 511 €/1 000 litres (+4,2 %).
Consommation stable, mais recomposition des produits
En France, la consommation de produits laitiers reste globalement stable en volume en 2025 (+0,17 %), avec une hausse en valeur (+1,79 %).
Dans le détail, les produits frais progressent : yaourts (+3,6 %), fromages frais (+2,3 %) et fromages libre-service (+2,1 %). À l’inverse, le lait liquide (-2,7 %), le beurre (-1,3 %) et les desserts lactés reculent.
Les fabrications suivent ces évolutions. Les fromages restent le premier débouché du lait français (32 % des volumes), devant le beurre et les ingrédients secs (19 % chacun), tous deux en progression. À l’inverse, la production de lait de consommation recule nettement (-5 %).
Un excédent commercial en nette dégradation
À l’export, la France enregistre une progression en valeur (+2,1 %, à 10,4 Md€), mais cette dynamique est largement dépassée par la hausse des importations (+13,7 %, à 7,5 Md€).
Résultat : l’excédent commercial se replie fortement, à 2,88 Md€, contre 3,39 Md€ en 2024 (-19 %). Les soldes en beurre (-53 %) et en fromages (-19 %) sont particulièrement affectés.
Dans le détail, les exportations de crème et de poudres grasses reculent fortement (environ -20 % en volume), tout comme celles de lait liquide. À l’inverse, les fromages (+2 % en volume, +4 % en valeur) et les laits infantiles (+7 % en volume) tirent leur épingle du jeu.
Les importations françaises, en hausse de 4,4 % en volume, proviennent à 90 % de l’Union européenne, principalement des Pays-Bas, de l’Allemagne et de l’Italie.
À l’échelle européenne, la collecte progresse également en 2025 (+1,8 %, à 147 Mt), avec des hausses dans les principaux pays producteurs.
Mais cette dynamique s’inscrit dans un contexte de baisse continue du cheptel, pour la dixième année consécutive. En France, celui-ci recule de 2,5 % pour atteindre 3 millions de têtes.
Les prix du lait restent globalement orientés à la hausse en Europe en 2025 (525 €/t en moyenne, +8 %), avec de fortes disparités entre pays, les éleveurs italiens étant les mieux rémunérés.
Des perspectives 2026 orientées à la baisse
Pour 2026, l’Idele anticipe une poursuite de la baisse du cheptel, en France comme en Europe. Si la collecte pourrait rester globalement soutenue, elle pourrait être perturbée au printemps par les conséquences sanitaires de la FCO.
Surtout, la tendance est à la baisse des prix du lait, dans un contexte de surproduction fin 2025-début 2026. Les incertitudes sanitaires et géopolitiques devraient également peser sur les échanges, avec des exportations européennes attendues en léger recul.