Installations agricoles : une baisse confirmée en 2024
Après un rebond post-Covid, les installations agricoles repartent à la baisse en 2023 et 2024. Moins de nouveaux exploitants, recul des installations tardives et premiers signes d’essoufflement de la pluriactivité traduisent un contexte moins favorable au renouvellement des générations.
Un renouvellement des générations sous tension
Après une baisse entre 2018 et 2020, puis un rebond en 2021 et 2022, le nombre d’installations agricoles s’inscrit de nouveau à la baisse depuis 2023, une tendance qui s’accentue en 2024. Selon la MSA, 12 661 chefs d’exploitation se sont installés en 2024, soit 960 de moins qu’en 2023 (-7 %) et 1 471 de moins qu’en 2022.
Parmi eux, 70,8 % ont 40 ans ou moins, un niveau encore majoritaire mais en recul. Le nombre de jeunes installés diminue lui aussi, avec une baisse de 3 % en 2024, après un repli déjà marqué en 2023.
Cette érosion s’explique en grande partie par la chute des installations tardives. Hors transferts entre époux, elles reculent de 15,3 % pour atteindre 3 313 installations en 2024, soit 26,2 % du total. Les installations liées à un transfert entre époux diminuent également (-17,4 %) et ne représentent plus que 3 % des installés. Une tendance de fond, liée notamment au recul de l’âge de départ à la retraite.
Les installations tardives résultant d’un transfert entre époux (381 personnes) sont également en régression de -17,4 %. Elles ne représentent que 3 % des installés, et la tendance d’évolution s’inscrit à la baisse dans la durée du fait notamment du recul de l’âge de départ à la retraite : - 14,1 % en 2019, - 21,3 % en 2020, + 3,4 % en 2021, - 7,9 % en 2022 et - 18,0 % en 2023.
Pour la MSA, ce repli s’inscrit dans un contexte globalement moins favorable à l’installation. La baisse des départs d’exploitants en 2024 (-13,7 %) limite mécaniquement les reprises. À cela s’ajoutent des freins structurels, comme la concurrence avec l’agrandissement des exploitations, des prix difficiles à établir ou encore des financements bancaires plus longs à obtenir.
Le taux de renouvellement des exploitants agricoles — ratio entre le nombre total de nouveaux installés (hors transfert entre époux) et le nombre de chefs d’exploitation déjà en exercice sur l’année — atteint 3,2 % en 2024, soit en diminution (3,4 % en 2023).
Moins de reprises et des freins structurels persistants
Autre signal notable, la pluriactivité recule pour la première fois depuis 2010. En 2024, 41,8 % des nouveaux installés exercent une activité complémentaire, contre davantage les années précédentes. Cette baisse concerne aussi bien les jeunes (39,4 %) que les installés tardifs (48,3 % hors transferts). Les grandes cultures restent toutefois le secteur le plus concerné, avec près de deux tiers des exploitants en situation de pluriactivité.
Malgré ces évolutions, la pérennité des installations reste globalement élevée. Le taux de maintien à six ans atteint 77,2 %, un niveau stable. Il est particulièrement élevé chez les jeunes (84,8 %), tandis qu’il diminue logiquement avec l’âge, notamment en raison des départs à la retraite.
En élevage bovin lait, la stabilité est même remarquable : près de 92 % des jeunes installés en 2018 sont toujours en activité en 2024.
Les femmes restent toutefois majoritaires dans certains secteurs, notamment l’élevage et certaines activités liées aux chevaux, et s’installent majoritairement sous forme sociétaire.
Sur le plan géographique, trois régions concentrent toujours près de la moitié des installations : l’Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et l’Auvergne-Rhône-Alpes, avec des parts globalement stables.
Enfin, la taille des exploitations poursuit sa progression chez les jeunes installés. La surface moyenne atteint 37,1 hectares en 2024, contre 36,6 ha en 2023 et 30,5 ha en 2000. À l’inverse, elle diminue légèrement chez les installés tardifs.