Nappes phréatiques, une situation globalement satisfaisante mais sous surveillance en ce début d’année
Au 1er janvier 2026, l’état des nappes phréatiques en France est jugé globalement satisfaisant par le BRGM. La recharge hivernale est bien engagée sur une majorité de territoires, mais reste inégale selon les régions et le type de nappes. Certaines zones, notamment le Bassin parisien, l’Artois et le Roussillon, appellent à une vigilance accrue pour les mois à venir.
Une recharge active, mais contrastée selon les territoires
Au 1er janvier 2026, l’état des nappes phréatiques en France apparaît globalement satisfaisant, même si des fragilités persistent localement. Selon le dernier bulletin du BRGM daté du 12/01/2026, la recharge hivernale est bien engagée sur une grande partie du territoire, avec 63 % des niveaux en hausse en décembre, contre 57 % en novembre. Pour autant, cette dynamique reste inégale selon les régions et le type de nappes.
La période de recharge s’est amorcée dès la fin de l’été sur de nombreuses nappes réactives, avant de s’interrompre brièvement début octobre, puis de reprendre fin octobre et en novembre. En décembre, les pluies ont permis de maintenir une recharge active, en particulier sur la moitié ouest du pays, ainsi que sur le sud et le sud-est, où des épisodes pluvieux marqués ont fortement bénéficié aux nappes les plus réactives
À l’inverse, la recharge reste déficitaire sur plusieurs secteurs, notamment le Bassin parisien, l’est de l’Artois, le nord-est du Massif armoricain et le Bassin Rhin-Meuse, où les pluies d’automne et de début d’hiver ont été insuffisantes ou mal réparties. Sur ces zones, la montée des niveaux est faible, voire inexistante
Nappes inertielles, une situation encore préservée
Les nappes inertielles du Bassin parisien et de l’Artois bénéficient toujours des recharges hivernales excédentaires des années précédentes. Malgré un démarrage tardif de la recharge 2025-2026, leurs niveaux restent globalement proches des normales à modérément hauts, avec une dégradation lente. Les nappes les moins inertielles, situées en périphérie de ces bassins, se montrent en revanche plus sensibles au déficit pluviométrique automnal, affichant localement des niveaux modérément bas, voire bas en Champagne
Dans le couloir Rhône-Saône et le Sundgau, les pluies d’octobre et de novembre ont permis une recharge plus efficace, avec des niveaux en légère amélioration en décembre.
Des nappes réactives très dépendantes des épisodes pluvieux
Pour les nappes réactives, la situation est plus hétérogène. Les épisodes pluvieux de décembre ont permis une forte amélioration dans le Roussillon, le Languedoc et le sud du Massif central, même si certains secteurs littoraux et des nappes profondes restent durablement déficitaires. À l’opposé, les nappes du Bassin Rhin-Meuse et du nord de la Lorraine souffrent d’un début de recharge très tardif et affichent des niveaux modérément bas à bas
La Bretagne, le Boulonnais et une large partie de l’ouest conservent quant à eux des niveaux satisfaisants, proches ou au-dessus des normales, grâce à des pluies plus régulières depuis l’automne.
Pour les mois à venir, le BRGM appelle à la prudence. Les prévisions saisonnières de Météo-France n’indiquent pas de tendance claire sur la pluviométrie de l’hiver, alors que les températures devraient rester supérieures aux normales. Dans ce contexte, l’évolution des nappes dépendra fortement des pluies effectivement infiltrées et de la capacité de recharge des différents aquifères
Si les nappes inertielles ne devraient pas connaître de sécheresse hivernale immédiate, une vigilance particulière est recommandée sur les nappes déjà sous les normales, notamment dans le Bassin parisien, l’Artois et le Roussillon, où les réserves restent fragiles à l’approche du printemps.