Agroécologie

Agrivoltaïsme : les freins techniques évoqués par 35 % des exploitants (Baromètre 2026 de la FFPA)

  • Paul Laillier
  • Le
  • Résultats scientifiques & techniques

La FFPA publie, le 22 janvier 2026, les résultats d’une enquête menée auprès de 850 exploitations agricoles engagées ou intéressées par des projets agrivoltaïques. Profil des agriculteurs, répartition géographique et principaux freins identifiés : le baromètre dresse un état des lieux des attentes et des points de vigilance du terrain.

Agrivoltaïsme : les freins techniques évoqués par 35 % des exploitants (Baromètre 2026 de la FFPA)
Agrivoltaïsme : les freins techniques évoqués par 35 % des exploitants (Baromètre 2026 de la FFPA)

Agrivoltaïsme : ce que révèle l’enquête de la FFPA

Majoritairement engagés en polyculture-élevage, les exploitants interrogés par la FFPA sont 53 % à exercer ce type de production, contre 24 % en grandes cultures et 17 % en élevage. Leur surface agricole utile atteint en moyenne 163 hectares, soit plus du double de la moyenne nationale estimée à 70 hectares. Ces résultats sont issus d’une enquête menée auprès de 850 exploitations agricoles entre le 27 octobre et le 3 novembre 2025, publiée le 22 janvier 2026. Les exploitations interrogées reflètent la répartition géographique des projets agrivoltaïques, avec 43 % situées dans le Sud-Ouest, 22 % dans le Nord-Est, 22 % à l’Ouest et 14 % à l’Est.

Âges en moyenne de 53 ans, les exploitants sont près de 33 % à exercer une fonction élective au sein d’une commune, d’un syndicat ou de la chambre d’agriculture. Selon l’étude, 68 % d’entre eux sont des chefs d’exploitation, dont près de 41 % disposant d’une formation supérieure (la moyenne nationale étant, selon Agreste, de 27 %).

Les freins techniques en tête des préoccupations

L’enquête identifie plusieurs freins au développement des projets agrivoltaïques. Les obstacles techniques arrivent en tête, cités par 35 % des répondants, avec notamment les contraintes de mise en place, l’adaptation à l’activité agricole, la surface minimale requise, la durée de vie et le recyclage des installations, ainsi que le raccordement et l’entretien du matériel.

Viennent ensuite les freins d’acceptabilité, mentionnés par 28 % des exploitants, liés à la dénaturation du paysage, à l’acceptabilité sociale et environnementale, et aux réticences des collectivités ou associations. Les freins administratifs concernent 13 % des répondants et portent sur la complexité et la lenteur des démarches, ainsi que la nécessité d’être propriétaire des terres.

Plus loin dans le classement, 8 % des exploitants évoquent des freins économiques, liés à l’investissement initial, au coût des installations et à la faiblesse des revenus générés, tandis que 6 % soulignent des freins agronomiques, notamment les impacts possibles sur la production.

« Le baromètre met également en évidence un point central : la relation de confiance entre agriculteurs et développeurs constitue un facteur déterminant de réussite des projets. Lorsqu’elle est solide, elle permet de mieux traverser les phases longues et complexes de l’instruction. L’étude confirme par ailleurs que l’esprit de la loi Aper - favoriser une synergie entre agriculture et production d’énergie - trouve une traduction concrète sur le terrain, même si des améliorations restent nécessaires pour fluidifier les procédures », indique la FFPA.