Agroécologie

Nappes phréatiques : une situation encore correcte, mais des fragilités apparaissent


Au 1er février 2026, la situation des nappes phréatiques françaises demeure globalement favorable, mais la dynamique de recharge ralentit. Entre déficits pluviométriques au nord-est et niveaux excédentaires dans le sud-est, la carte hydrogéologique confirme de fortes disparités régionales à l’approche du printemps.

Nappes phréatiques : une situation encore correcte, mais des fragilités apparaissent
Nappes phréatiques : une situation encore correcte, mais des fragilités apparaissent

Une recharge hivernale encore incertaine

Après un début de période de recharge à l’automne, les nappes françaises abordent la fin de l’hiver dans un état contrasté, suspendu aux pluies des prochaines semaines. Dans les deux-tiers nord de l’Hexagone, hors Bretagne, ainsi que dans le sud-ouest, la recharge reste peu active. Les situations « se dégradent progressivement mais restent généralement satisfaisantes », indique le BRGM, même si les nappes du nord-est présentent « des situations plus inquiétantes ».

Les indicateurs confirment ce léger recul. En janvier 2026, 40 % des points d’observation se situent sous les normales mensuelles, contre seulement 36 % au-dessus, alors qu’ils étaient 68 % dans ce cas un an plus tôt. Une évolution qui traduit une recharge hivernale moins favorable que celle de 2025.

Des contrastes marqués selon les territoires

Toutes les régions ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. Les épisodes pluvieux de décembre et janvier ont nettement amélioré la situation dans le sud-est et en Corse, où les niveaux deviennent excédentaires.

En Bretagne également, certaines nappes affichent des niveaux hauts à très hauts après des recharges conséquentes. Ces niveaux élevés ne sont pas sans conséquence. Le BRGM souligne qu’ils « n’excluent pas un risque d’inondation par remontée de nappes » en cas de nouveaux cumuls pluviométriques importants. À l’inverse, la recharge 2025-2026 demeure déficitaire dans le nord-est, où les nappes atteignent des niveaux « modérément bas à bas ». Une situation qui pourrait peser sur la disponibilité de la ressource si le déficit se prolonge jusqu’au printemps.

Carte de France hexagonale de la situation des nappes d’eau souterraine au 1er février 2026, établie à partir des données de la banque ADES acquises jusqu’au 31 janvier 2026 - © BRGM
Carte de France hexagonale de la situation des nappes d’eau souterraine au 1er février 2026, établie à partir des données de la banque ADES acquises jusqu’au 31 janvier 2026 - © BRGM

Des prévisions suspendues à la météo

La suite de la campagne dépendra largement des conditions météorologiques. Les tendances saisonnières privilégient des températures plus élevées, sans scénario clair concernant les précipitations. Résultat, les perspectives apparaissent plus optimistes pour la Bretagne, le sud-est et la Corse que pour les nappes déjà basses du nord-est.

Plus globalement, l’évolution des nappes « dépendra exclusivement des pluies infiltrées » et du temps de réponse propre à chaque aquifère. Autrement dit, la fin de l’hiver sera déterminante pour sécuriser les réserves avant la reprise de la végétation et les besoins estivaux.

Sans signal de sécheresse généralisée à ce stade, le tableau reste donc relativement rassurant. Mais l’hétérogénéité des situations rappelle que l’équilibre demeure fragile, et que quelques semaines sans pluies efficaces pourraient rapidement rebattre les cartes.