Protéines végétales : la recherche accélère sur les légumineuses
Longtemps en retrait face aux grandes cultures, les légumineuses bénéficient aujourd’hui d’un regain d’investissement scientifique. Objectif : lever le verrou variétal pour permettre leur véritable changement d’échelle dans les systèmes agricoles européens.
Un tournant pour la sélection des légumineuses
À l’occasion de la Journée mondiale des légumineuses, une tendance se confirme : ces cultures s’imposent progressivement comme un levier stratégique pour la transition des systèmes agricoles.
Riches en protéines et capables de fixer l’azote atmosphérique, elles répondent à plusieurs enjeux majeurs, de la réduction des intrants à l’autonomie protéique européenne. Pourtant, leur développement s’est longtemps heurté à un obstacle structurel : un effort de sélection bien moindre que pour des espèces comme le blé ou le maïs, limitant l’arrivée de variétés réellement compétitives.
Un signal fort pour la filière protéines
Le projet européen BELIS, coordonné par l’INRAE, incarne ce changement de rythme. Lancé en 2023, il réunit 34 partenaires dans 18 pays autour d’une ambition commune : accélérer le progrès génétique pour proposer des légumineuses plus productives, plus stables et mieux adaptées aux contextes pédoclimatiques européens.
Au programme notamment, des outils de sélection modernisés, le recours accru aux marqueurs génomiques, des méthodes de phénotypage plus efficaces et un travail sur les cadres d’évaluation variétale afin de fluidifier l’arrivée des innovations sur le marché.
Au-delà de la performance agronomique, l’enjeu est aussi économique et stratégique. Dans une Europe encore fortement dépendante des importations de protéines végétales, renforcer l’offre variétale apparaît comme une condition clé pour installer durablement ces cultures dans les rotations.
Pour la distribution comme pour les techniciens-conseil, cette dynamique laisse entrevoir une offre plus lisible et mieux étayée. Davantage de variétés différenciées, des références technico-économiques plus solides et des réseaux d’évaluation renforcés devraient, à terme, sécuriser les recommandations et faciliter l’adoption par les agriculteurs.