Agrostratégie

Surus Connect étend son système d’alerte aux ETA, CUMA et silos


Après les exploitations agricoles, Surus Connect élargit sa cible aux ETA, CUMA employeuses et silos de collecte. La jeune entreprise bordelaise, qui développe un dispositif de protection des travailleurs isolés spécifiquement conçu pour l’agriculture, entend répondre aux enjeux de sécurité de structures où les salariés interviennent souvent seuls, dans des environnements dispersés ou mal couverts par les réseaux.

Les travaux agricoles exposent les salariés à des situations fréquentes de travail isolé. - © Getty Images
Les travaux agricoles exposent les salariés à des situations fréquentes de travail isolé. - © Getty Images

Les ETA et silos, nouveau terrain de développement

Surus Connect change d’échelle. Jusqu’ici principalement déployée dans les exploitations agricoles, la solution de protection des travailleurs isolés développée par la start-up s’adresse désormais aux ETA, aux CUMA employeuses et aux silos de collecte. Un choix qui répond à l’évolution de sa clientèle mais aussi à des besoins spécifiques en matière de sécurité au travail.

Les ETA emploient en effet des salariés amenés à intervenir seuls sur des chantiers parfois éloignés, dans des parcelles qu’ils connaissent peu et dont la couverture réseau est variable. Les organismes stockeurs, de leur côté, doivent sécuriser des interventions dans des installations complexes, notamment en sous-sol.

« Les ETA interviennent sur des parcelles qu’elles ne connaissent pas toujours. Elles envoient souvent un chauffeur seul. Elles sont donc particulièrement sensibilisées à ces enjeux de sécurité. » avance Eliot Dupré, président et cofondateur de Surus Connect.

L’entreprise a d’ailleurs déjà équipé un premier silo d’InVivo. Un retour d’expérience qui a confirmé, selon Eliot Dupré son président, l’intérêt de la technologie dans les zones où les moyens de communication traditionnels atteignent leurs limites.

« Dans ce vaste silo portuaire, les antennes relai ont permis une couverture totale là où ni téléphone ni talkie-walkie ne passaient. » explique Eliot Dupré.

Un DATI conçu pour les contraintes agricoles

À l’origine de Surus Connect, deux ingénieurs agronomes partis d’un constat partagé lors de leurs expériences de terrain.

« Nous avons vécu plusieurs situations à risque. Ensuite, nous avons vérifié que ce n’était pas seulement un ressenti : les chiffres confirmaient qu’il existait un vrai problème d’accidentologie en agriculture. », souligne Eliot Dupré.

Selon l’entreprise, les dispositifs d’alarme pour travailleurs isolés (DATI) existants sont principalement conçus pour les environnements industriels. Or les conditions de travail agricoles diffèrent fortement : déplacements rapides, travail au sol, utilisation de matériels variés, isolement ou encore zones blanches.

« Aujourd’hui, il n’y a pas de DATI agricole. Les produits du marché sont pensés pour l’industrie. » révèle Eliot Dupré.

Le boîtier, de la taille d’une carte bancaire, détecte automatiquement les chutes, les chocs ou les immobilités anormales. En cas d’événement suspect, il vibre et sonne pendant trente secondes afin de laisser à l’utilisateur la possibilité d’annuler une fausse alerte avant le déclenchement de la procédure.

Combiner plusieurs réseaux pour maintenir l’alerte

La transmission des alertes constitue l’un des principaux axes de différenciation de Surus Connect. Le dispositif s’appuie sur plusieurs technologies de communication afin de limiter les pertes de connexion.

Le boîtier est compatible avec l’ensemble des opérateurs mobiles français. Lorsque le réseau cellulaire devient insuffisant, il peut basculer vers une liaison radio longue portée, notamment dans les bâtiments ou les sous-sols. Pour les secteurs les plus isolés, comme certaines zones de pastoralisme ou de foresterie, une communication satellitaire prend le relais.

L’entreprise a également développé ses propres algorithmes afin de limiter les déclenchements intempestifs, fréquents avec les dispositifs généralistes.

« Notre algorithme apprend de ses erreurs. Les utilisateurs qualifient les événements et cela nous permet d’améliorer progressivement la détection tout en limitant les fausses alertes. », détaille Eliot Dupré.

En cas d’accident confirmé, le système transmet automatiquement des SMS géolocalisés, des notifications aux utilisateurs de l’application mobile et lance une boucle d’appels vers les contacts d’urgence jusqu’à ce qu’un interlocuteur prenne en charge l’alerte.

L’arrêt automatique des machines en préparation

Au-delà de l’alerte, Surus Connect prépare une nouvelle brique technologique : la mise en sécurité automatique des équipements lorsqu’un accident est détecté.

Déjà testée sur le terrain, cette fonction permettra d’interrompre le fonctionnement des machines situées à proximité du travailleur accidenté. Pour les équipements fixes, l’arrêt passe par un module connecté installé en seconde monte. Sur les tracteurs compatibles, la communication s’effectue via le protocole Isobus, sans modification du matériel d’origine.

La fonctionnalité n’est toutefois pas encore commercialisée.

« Nous prenons le temps de valider le niveau de fiabilité avant de la mettre sur le marché. » explique Eliot Dupré.

Les premiers retours recueillis auprès des utilisateurs portent autant sur l’efficacité du dispositif que sur sa perception par les salariés.

« Un salarié nous a dit que c’était la première fois qu’on lui donnait un outil qui servait à le protéger et non à le faire travailler plus vite. » confie Eliot Dupré.