Agrostratégie

Céréales : les exportations françaises retrouvent des niveaux élevés après la récolte 2025


Après une campagne 2024-2025 marquée par des exportations en retrait, les céréales françaises retrouvent des débouchés dynamiques en 2025-2026, selon le bilan FranceAgriMer du 16 juillet 2026. Le blé tendre atteint un niveau d’utilisation historiquement élevé, tandis que les expéditions d’orge et de maïs progressent. Les premières projections pour 2026-2027 invitent toutefois à la prudence avec des récoltes attendues en baisse.

Céréales : les exportations françaises retrouvent des niveaux élevés après la récolte 2025
Céréales : les exportations françaises retrouvent des niveaux élevés après la récolte 2025

Des débouchés dynamiques qui permettent de réduire les stocks

La campagne céréalière 2025-2026 confirme le retour de la France sur les marchés export. Selon le bilan présenté par FranceAgriMer le 16 juillet, les utilisations de blé tendre atteindraient 30,149 Mt, un niveau qualifié d’« historiquement élevé », porté notamment par la progression des exportations de grains.

Sur la campagne, les exportations de blé tendre sont estimées à 15,397 Mt, dont 7,897 Mt vers l’Union européenne. À fin mai, 14,2 Mt avaient déjà été expédiées, contre 9,3 Mt un an plus tôt. Les principaux débouchés se situent en Europe (Belgique, Pays-Bas, Espagne), mais aussi vers les pays tiers, avec notamment le Maroc, l’Égypte et la Mauritanie.

Ce dynamisme permet de limiter l’accumulation des stocks. Le stock final de blé tendre est désormais estimé à 3,380 Mt, en baisse de 3 % par rapport à l’estimation de juin.

Orge et maïs profitent également de marchés porteurs

Les exportations d’orge restent elles aussi soutenues. Elles sont estimées à 6,407 Mt sur la campagne, un niveau légèrement revu à la baisse en raison d’un recul des expéditions vers les pays tiers, notamment la Chine, l’Arabie saoudite, la Libye et le Maroc. À fin mai, 6 Mt avaient déjà été exportées, contre 4,8 Mt sur la campagne précédente, dépassant la moyenne quinquennale (5,7 Mt).

Le maïs bénéficie également d’une bonne dynamique commerciale. Les exportations atteindraient 5,8 Mt, principalement grâce aux échanges intra-européens (5,2 Mt). Depuis le début de la campagne, 5,3 Mt ont déjà été expédiées, contre 4,8 Mt en 2024-2025.

À l’inverse, l’amidonnerie de maïs recule, avec des utilisations estimées à 1,550 Mt, contre 1,689 Mt la campagne précédente.

Des perspectives 2026-2027 moins favorables

Les premiers bilans prévisionnels pour la campagne 2026-2027, publiés le 15 juillet par le Service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture, montrent toutefois un ralentissement attendu de la production.

Pour le blé tendre, la collecte est estimée à 29,647 Mt, en baisse de 4 % par rapport à 2025-2026. Les disponibilités reculeraient également légèrement, même si elles resteraient supérieures à la moyenne quinquennale. Le stock final progresserait néanmoins à 3,649 Mt.

La situation apparaît plus tendue pour le blé dur, avec une collecte attendue en baisse de près de 20 % sur un an, à 1,006 Mt. Les exportations vers l’Union européenne reculeraient également, à 560 000 tonnes contre 750 000 tonnes en 2025-2026.

Pour l’orge, le SSP souligne un « fort potentiel de baisse », malgré des utilisations soutenues par l’alimentation animale et les exportations.