Arboriculture : moins d’exploitations, des vergers plus grands en France depuis 2010
Le nombre d’exploitations arboricoles françaises a diminué de 25 % entre 2010 et 2023, tandis que les surfaces moyennes par exploitation ont progressé de 29 %, selon une publication d’Agreste en date du 10/07/2026. La filière poursuit également sa conversion au bio, qui représente désormais près d’un quart du verger national.
Une nouvelle photographie de l’arboriculture française
L’arboriculture française poursuit sa transformation. En 2023, 11 798 exploitations produisaient des fruits (pommes, poires, pêches, abricots, cerises, prunes, kiwis, noix et agrumes), contre 15 650 en 2010, selon Agreste. Cette baisse du nombre d’exploitations s’accompagne d’une augmentation de leur taille moyenne, signe d’une concentration progressive de la production.
Entre 2010 et 2023, la surface totale consacrée aux vergers reste relativement stable, avec 128 456 hectares recensés en 2023. En revanche, le nombre d’exploitations diminue fortement (-25 %). Quatre régions concentrent plus des trois quarts des surfaces arboricoles françaises : l’Occitanie (22 %), la Nouvelle-Aquitaine (21 %), Auvergne-Rhône-Alpes (21 %) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (14 %).
Cette évolution s’explique notamment par des départs à la retraite sans reprise, mais aussi par « des difficultés économiques et techniques propres à certaines productions », dans un contexte marqué par une concurrence européenne accrue et des aléas climatiques plus fréquents, souligne Agreste.
Certaines productions sont particulièrement concernées. Les surfaces de cerisiers ont reculé de 48 % entre 2010 et 2023, celles de pêchers de 43 %, et celles d’abricotiers de 36 %. La poire affiche également un recul, avec une baisse de 24 % des surfaces.
Des exploitations plus grandes et davantage de bio
Dans le même temps, la taille moyenne des exploitations arboricoles est passée de 8,4 à 10,9 hectares, soit une progression de 29 %. Les écarts restent toutefois importants selon les productions : les vergers de pêchers, pommiers et noyers figurent parmi les plus étendus, tandis que les exploitations de cerisiers restent plus petites.
Autre évolution marquante : la progression de l’agriculture biologique. Les surfaces conduites en bio ou en conversion ont presque quadruplé en treize ans, passant de 7 778 hectares en 2010 à 29 996 hectares en 2023. Elles représentent désormais 23 % du verger français, contre 6 % en 2010. Le nombre d’exploitations engagées dans cette voie a également fortement progressé, passant de 1 163 à 3 335.
À l’échelle européenne, la France représente 7 % des surfaces arboricoles de l’Union européenne et se place au sixième rang, derrière l’Espagne, l’Italie, la Pologne, la Grèce et la Roumanie.