Agroécologie

Nappes phréatiques : le déficit continue de se creuser


Au 15 août 2026, 92 % des niveaux de nappes sont en baisse et 64 % des points d’observation se situent sous les normales mensuelles, contre 40 % un an auparavant. Les nappes réactives concentrent les situations les plus fragiles.

Sur des sols secs, les faibles pluies profitent d’abord aux cultures sans recharger les nappes. - © Zbynek Pospisil de Getty Images
Sur des sols secs, les faibles pluies profitent d’abord aux cultures sans recharger les nappes. - © Zbynek Pospisil de Getty Images

Un déficit nettement plus marqué qu’en 2025

La vidange estivale des nappes phréatiques se poursuit. Au 15 août 2026, le BRGM observe une baisse sur 92 % des niveaux suivis. Cette proportion atteignait 94 % au 1er août et 89 % à la même date en 2025.

La situation globale continue néanmoins de se dégrader : 64 % des points d’observation se situent désormais sous les normales mensuelles, contre 63 % deux semaines auparavant et 40 % au 15 août 2025. Le léger ralentissement de la baisse ne suffit donc pas à enrayer le creusement du déficit accumulé depuis le début de l’été.

Le BRGM explique cette évolution par le déficit pluviométrique marqué enregistré durant la seconde moitié de juillet et la première quinzaine d’août. Sur des sols secs, les faibles précipitations, souvent orageuses, ont essentiellement profité à la végétation sans alimenter les nappes. Les températures élevées et l’augmentation des prélèvements ont parallèlement accentué leur vidange naturelle.

Les nappes réactives continuent de se dégrader

Les nappes inertielles, qui réagissent lentement aux variations météorologiques, ont peu évolué depuis le début du mois. Les nappes des calcaires de Beauce et de l’Armagnac conservent des niveaux modérément hauts. Celles du Bassin parisien et du couloir Rhône-Saône se situent généralement autour des normales ou à des niveaux modérément bas, tandis que les nappes des grès vosgiens et des calcaires triasiques de Lorraine affichent des niveaux bas.

La dégradation est plus rapide dans les nappes réactives. Les niveaux atteignent notamment des valeurs très basses dans le socle limousin, les calcaires karstifiés du Jura et de la Côte des Bars. Les formations tertiaires du Massif armoricain et les alluvions du nord de la plaine d’Alsace se sont également dégradées depuis le 1er août. À l’inverse, les nappes de la Vistrenque, de l’Astien et de la plaine du Roussillon conservent des niveaux modérément hauts à hauts.

Cette situation souterraine prolonge le signal observé sur les eaux superficielles : au 1er août, 43 % des petits cours d’eau suivis par l’OFB présentaient une rupture d’écoulement ou un assec.

Le BRGM prévoit une poursuite de la baisse dans les prochaines semaines. Des températures moins élevées pourraient réduire les prélèvements liés à l’irrigation et à l’eau potable, mais les pluies devront être suffisamment abondantes pour dépasser les besoins de la végétation et amorcer une véritable recharge. D’ici là, l’origine de l’eau mobilisée, la réactivité locale de la nappe et les restrictions applicables restent déterminantes pour apprécier la disponibilité de la ressource.