Émissions agricoles : la hausse des apports d’azote minéral compense le recul du cheptel bovin (Citepa)
Les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture sont restées pratiquement stables au premier trimestre 2026, à 22,6 Mt CO₂e. La baisse du méthane liée au recul du cheptel bovin a été compensée par une progression du protoxyde d’azote, sous l’effet de la reprise des apports d’engrais minéraux.
Des émissions agricoles quasiment inchangées depuis un an
Au premier trimestre 2026, le secteur agricole a émis 22,6 Mt CO₂e, soit 0,03 Mt CO₂e de plus qu’un an auparavant. Cette progression limitée à 0,1 % contraste avec le recul enregistré à l’échelle nationale. Hors utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie (UTCATF), les émissions françaises ont diminué de 4,8 % sur un an, pour atteindre 98,5 Mt CO₂e, selon le baromètre du Citepa publié le 08/07/2026.
« Cette stabilité apparente masque toutefois des dynamiques contrastées selon les gaz : le recul des cheptels, en particulier bovins, exerce un effet à la baisse sur les émissions, tandis que la reprise des apports d’engrais azotés contribue à les orienter à la hausse. Cette double dynamique se traduit notamment par une baisse du méthane, mais par une hausse du protoxyde d’azote », indique l’association dans sa pré-estimation.
Les émissions agricoles de méthane ont ainsi reculé de 2,7 % par rapport au premier trimestre 2025. Cette évolution résulte principalement de la poursuite de la diminution du cheptel bovin, plus marquée pour les vaches laitières que pour les vaches allaitantes. Le Citepa relie cette tendance à la poursuite de la décapitalisation, « accentuée par le contexte sanitaire récent ».
Le protoxyde d’azote progresse de 4,3 %
À l’inverse, les émissions de protoxyde d’azote ont augmenté de 4,3 % sur un an. La reprise des apports d’azote minéral a pris le dessus sur l’effet baissier associé au recul du cheptel bovin et, par conséquent, à la diminution des effluents d’élevage.
Ce gaz, principalement émis par les sols agricoles après les apports d’azote, constitue l’un des principaux enjeux climatiques liés à la fertilisation. Son évolution dépend toutefois à la fois des quantités apportées, des formes d’engrais utilisées et des conditions pédoclimatiques qui déterminent les transformations de l’azote dans le sol.
Les émissions agricoles de dioxyde de carbone diminuent, de leur côté, de 1,6 %, en lien avec la baisse de la consommation énergétique. Ce recul intervient malgré une hausse des approvisionnements en urée. Les prochaines estimations du Citepa permettront de déterminer si la reprise des émissions associées à la fertilisation azotée se confirme sur l’ensemble de la campagne 2026.