Biocontrôle de l’ambroisie : des premiers résultats encourageants avec Ophraella communa (Inrae)
Retrouvée sur 75 % des sites suivis en Occitanie après les lâchers expérimentaux Inrae de 2025, la chrysomèle Ophraella communa montre sa capacité à se reproduire en conditions françaises. Une piste de lutte biologique suivie de près contre l’ambroisie à feuilles d’armoise, adventice qui peut aussi fortement pénaliser le rendement du tournesol.
La chrysomèle retrouvée sur 75 % des sites suivis en Occitanie
Les premiers lâchers expérimentaux d’Ophraella communa livrent leurs résultats. En septembre 2025, cette chrysomèle utilisée pour lutter contre l’ambroisie à feuilles d’armoise a été retrouvée sous forme d’œufs, de larves ou d’adultes sur 75 % des 16 sites étudiés en Occitanie, selon les données présentées par Inrae le 4 août 2026.
Plusieurs générations ont également été observées, confirmant la capacité de l’insecte à se reproduire après les lâchers. Un résultat jugé encourageant alors que la période avait été particulièrement sèche, des conditions a priori peu favorables à son installation. Les observations montrent également une réduction de la production de fleurs d’ambroisie et donc de pollen, même si cet effet reste limité à ce stade.
Originaire d’Amérique du Nord et observée pour la première fois en France en 2023, Ophraella communa se nourrit préférentiellement de l’ambroisie. Inrae et le réseau Fredon étudient son potentiel comme nouvel outil de lutte biologique face à une plante invasive qui représente un enjeu à la fois sanitaire et agricole.
Un risque jugé faible pour le tournesol
Dans les cultures de printemps, l’ambroisie à feuilles d’armoise peut en effet devenir une adventice très concurrentielle. Terres Inovia estime sa nuisibilité à 3 q/ha pour 10 plantes/m². Dans les situations les plus infestées, les pertes peuvent atteindre jusqu’à deux tiers du rendement du tournesol.
Mais l’utilisation d’Ophraella communa soulève elle-même un point de vigilance. Le tournesol appartient, comme l’ambroisie, à la tribu botanique des Heliantheae. Des travaux publiés en 2024, fondés sur des tests de choix et de non-choix, montrent toutefois une forte préférence de la chrysomèle pour l’ambroisie. Les auteurs concluent à un risque faible pour le tournesol, sans l’écarter totalement.
Les suivis menés en 2026 doivent maintenant préciser l’acclimatation et la dispersion de l’insecte. Deux campagnes sont prévues sur les parcelles ayant accueilli les lâchers de 2025, complétées par des prospections dans un rayon d’environ dix kilomètres. De nouveaux lâchers plus au nord et en altitude doivent également permettre d’évaluer sa résistance au froid.
Ces résultats permettront de déterminer si la chrysomèle peut passer du statut de piste expérimentale à celui de nouveau levier de lutte biologique contre l’ambroisie.