Ressource en eau : nappes et petits cours d’eau se dégradent fortement
Au 1er août 2026, 43 % des petits cours d’eau observés par l’OFB sont touchés par une rupture d’écoulement ou un assec, soit la situation la plus critique enregistrée à cette période depuis 2012. Dans le même temps, 63 % des points de suivi des nappes se situent sous les normales mensuelles.
Une situation plus critique qu’en 2022 pour les petits cours d’eau
La dégradation des écoulements s’est fortement accélérée en juillet. Au 1er août, l’Office français de la biodiversité recense 1 373 petits cours d’eau touchés par une rupture d’écoulement ou un assec, soit 554 de plus qu’un mois auparavant.
Ces situations représentent 43 % des quelque 3 230 stations du réseau Onde. Il s’agit de l’état le plus critique observé à cette période depuis le déploiement du dispositif en 2012. Le nombre de cours d’eau concernés dépasse de 112 celui enregistré lors de la sécheresse de 2022 et s’avère plus de deux fois supérieur à celui de fin juillet 2025.
Toutes les régions sont touchées. La dégradation est particulièrement marquée le long d’un axe allant de la Vendée au Grand Est et s’étend désormais au centre du sud de la France. La Creuse, la Vendée, la Loire-Atlantique, l’Aveyron ou encore la Côte-d’Or figurent parmi les départements les plus affectés.
Ces ruptures réduisent la disponibilité immédiate de l’eau, fragilisent les milieux aquatiques et contribuent à la mise en place de restrictions. Elles témoignent toutefois de l’état des petits cours d’eau, sans renseigner directement sur le niveau des réserves souterraines.
Près de deux points de suivi des nappes sur trois sous les normales
Le bilan publié par le BRGM le 10 août confirme une dégradation simultanée des nappes. Fin juillet, 63 % des points d’observation se situent sous les normales mensuelles, contre 54 % un mois plus tôt et 44 % au 1er août 2025. La vidange concerne 94 % des niveaux suivis.
Le déficit de pluie efficace persiste depuis mai. Les épisodes orageux estivaux ont peu alimenté les nappes : une partie de l’eau ruisselle, tandis que l’eau infiltrée humidifie d’abord les sols et profite à la végétation. Les températures élevées renforcent parallèlement l’évapotranspiration et les besoins hydriques des cultures. Les prélèvements destinés à l’irrigation ont également pu accélérer localement la baisse.
Les situations restent contrastées. Les niveaux sont très bas dans le socle limousin et les calcaires de la Côte des Bars, mais demeurent élevés dans la nappe de la Vistrenque. Les cartes de VigiEau, consultées le 11 août, font apparaître de nombreux secteurs classés en alerte renforcée ou en crise pour les eaux superficielles comme souterraines.
En situation de crise, les prélèvements agricoles peuvent être interdits totalement ou partiellement afin de préserver les usages prioritaires. Les règles variant selon la ressource mobilisée et l’arrêté préfectoral applicable, le conseil doit désormais intégrer la localisation de la parcelle, l’origine de l’eau et l’évolution parfois rapide des restrictions.
Le BRGM prévoit une poursuite de la vidange en août, avant un possible ralentissement en septembre avec la diminution des besoins des cultures. L’état des réserves à l’entrée de l’automne conditionnera ensuite le démarrage de la prochaine recharge.