Biométhane : Methagora sécurise 50 GWh et ouvre la voie à de nouveaux débouchés agricoles
Porté par Methagora, filiale du groupe Seya, en partenariat avec Plenitude, un contrat de 50 GWh par an marque une nouvelle étape pour le biométhane agricole. En s’appuyant sur des unités existantes en cogénération appelées à passer à l’injection, ce modèle fondé sur des engagements de long terme et le dispositif des certificats de production de biométhane ouvre la voie à de nouveaux débouchés et renforce la visibilité économique des producteurs.
Des unités agricoles existantes au cœur du modèle
Le volume contractualisé, équivalent à la production de cinq à six unités agricoles de taille moyenne, repose sur un socle d’installations déjà en fonctionnement. En pratique, cinq unités de méthanisation agricoles sont aujourd’hui concernées dans l’Hexagone.
Methagora cible des unités en cogénération, exploitées en complément d’une activité agricole, avec l’objectif de les faire évoluer vers l’injection de biométhane. « L’enjeu est d’accompagner des agriculteurs qui exploitent déjà une unité vers la production de biométhane », explique Zoé Schladenhaufen, responsable communication du groupe Seya. Ce choix de s’appuyer sur l’existant traduit une volonté d’accélérer le développement de la filière sans attendre l’émergence de nouveaux projets, souvent plus longs à concrétiser.
Contrats long terme et CPB : un cadre plus sécurisant
Au-delà des volumes, le montage repose sur un contrat de long terme avec Plenitude, qui permet de sécuriser les débouchés. Ce type d’accord offre une visibilité accrue aux exploitants, notamment sur la période d’amortissement des investissements. « Les contrats de long terme permettent d’apporter de la visibilité aux producteurs et de sécuriser leurs projets dans la durée », souligne Zoé Schladenhaufen.
Le dispositif des certificats de production de biométhane (CPB), entré en vigueur début 2026, vient compléter ce cadre. Il contribue à structurer un environnement économique plus lisible pour les porteurs de projets. « Ce mécanisme participe à créer un cadre favorable au développement du biométhane, en renforçant la confiance des producteurs », ajoute-t-elle.
Vers un marché du biométhane agricole
Encore émergent en France, ce type de contrat marque une évolution dans la valorisation du biométhane, en dehors des seuls dispositifs d’achat réglementé. Methagora joue ici un rôle d’agrégateur, en regroupant les volumes de plusieurs unités pour les relier à la demande d’acteurs énergétiques. « Ce modèle permet de connecter la production agricole à la demande du marché énergétique, en structurant de nouveaux débouchés », indique Zoé Schladenhaufen.
Si le dispositif des CPB reste récent, les perspectives sont réelles. Entre objectifs publics fixés à l’horizon 2030 et intérêt croissant des énergéticiens, ce type de montage pourrait se multiplier dans les prochaines années. « Des accords de cette nature pourraient contribuer à faire émerger de nouvelles unités et à accélérer le développement de la filière », conclut-elle.