« Le biométhane s’installe en France, partout dans les territoires » (Frédéric Martin, France gaz)
Avec 803 sites et 16 TWh injectés, le biométhane poursuit son déploiement sur l’ensemble du territoire. Réunis à Paris le 29 janvier 2026, les acteurs de la filière, par la voix de France gaz, affichent leur confiance pour atteindre l’objectif de 44 TWh en 2030, tout en alertant sur plusieurs points de vigilance réglementaires et stratégiques.
Le biométhane s’ancre dans les territoires
« Le biométhane s’installe en France, partout dans les territoires, avec 803 sites et 16 TWh. L’Orne compte 30 % de gaz vert dans les tuyaux, les Ardennes, 25 %, et la Vendée, 14 %. Aujourd’hui, 23 départements sont entre 5 et 10 %. Dans trois ans, nous aurons doublé ce nombre, et 20 départements seront entre 20 et 30 % », déclare Frédéric Martin, président de France gaz, à Paris, le 29/01/2026.
Avec 33,7 TWh et 227 projets inscrits au registre pour l’année 2025, la filière apparaît confiante pour atteindre l’objectif de 44 TWh en injection pour 2030 inscrit dans la PPE 3, toujours en attente de publication. « L’objectif n’est pas loin : rien que sur l’année dernière, nous avons enregistré 5,5 TWh de capacité de projets. Avant la crise, nous étions à 3 TWh de moyenne. Nous sommes en pleine dynamique », indique le président du syndicat professionnel de l’industrie gazière française.
Deux attentes majeures demeurent toutefois sur le volet du biométhane. La première concerne le basculement du cadre réglementaire de la cogénération vers l’injection. « Il faut une direction claire garantissant l’absence de pénalité, car les banques cherchent avant tout à s’assurer de la solvabilité des porteurs de projets. Il y a aujourd’hui beaucoup d’inquiétudes chez les agriculteurs », souligne Frédéric Martin.
La seconde attente porte sur la visibilité de la trajectoire post-2028 des CPB, entrés en vigueur au 1er janvier 2026. « Nous attendons une concertation. Le ministère de l’Économie nous a indiqué, le 28 janvier, qu’elle devait intervenir avant le Salon international de l’agriculture. Toutes les entreprises attendent ces éléments pour engager les travaux », précise le président de France gaz.
SNBC 3 : une « vision tout électrique, qui ne laisse pas de place au reste »
« Il y a des choses très positives dans le SNBC 3, qui rappelle le principe de sobriété et la nécessité d’investir […]. En revanche, nous allons combattre sa vision tout électrique, qui ne laisse pas de place au reste. Nous ne serons pas dans une grande diversité de portefeuille », indique Frédéric Martin.
Présentées au printemps 2026, les perspectives de France gaz prévoient ainsi d’intégrer, entre autres, une « voie de décarbonation plus équilibrée, avec une part raisonnée de l’électricité », une synergie entre les réseaux ainsi que la décarbonation du mix gazier pour tous les usages à l’horizon 2050.
Power-to-méthane : un modèle économique en cours d’élaboration
Parmi les objectifs 2026, l’association compte notamment :
- faciliter la production de gaz verts pour réussir la montée en régime ;
- créer de la valeur grâce à l’innovation, dont le procédé power-to-méthane, expérimenté sur le projet Jupiter 1000 à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), qui augmente la production de biométhane. « Nous sommes en train de travailler le modèle économique pour voir comment, avec la même base d’intrants, nous pourrions avoir quasiment 40 % de production en plus », selon le président de France gaz.