Fertilisation associée, conseil : les fournisseurs d’engrais élargissent leur offre
Biostimulants intégrés aux programmes de fertilisation, formules organiques ou adaptées aux cultures, conseil technique et outils numériques : les fournisseurs d’engrais diversifient leurs produits et les services qui les accompagnent.
Les biostimulants s’intègrent aux programmes de fertilisation
Plusieurs fournisseurs cherchent à associer davantage les biostimulants aux engrais. ICL envisage ainsi de combiner des applications foliaires, sur semences et en granulés, « pour intégrer pleinement les biostimulants dans les programmes de fertilisation ». Le groupe a lancé sa gamme Beoz en septembre 2025, fondée sur la technologie Métabolites. De son côté, Yara développe un biostimulant destiné à l’enrobage des fertilisants.
Les réponses évoquent aussi l’élargissement de gammes existantes. Lhoist développe Nanéos afin de « proposer des solutions complémentaires aux programmes de fertilisation classiques ». Vertal poursuit ses gammes pour les grandes cultures et les cultures spécialisées, avec une composante biostimulante croissante. Compo Expert indique, pour sa part, que ses volumes de biostimulants et d’engrais associés progressent « malgré deux années compliquées pour l’agriculture et la viticulture ». Lhoist décrit également ce segment comme l’un des plus dynamiques de son portefeuille.
Des gammes organiques aux formulations ciblées
Les réponses font également ressortir la place des engrais organiques et organo-minéraux. Veolia présente les amendements organiques comme le segment le plus dynamique de son portefeuille, tandis que Hello Nature cite les engrais organo-minéraux parmi ses marchés porteurs.
Terrial associe cette offre à la valorisation de matières premières : le groupe commercialise Vertuo’ze, un engrais à base de frass d’insectes fabriqué en France, et élabore des formules organiques, organo-minérales ou des amendements adaptés aux besoins des clients et aux conditions agronomiques et climatiques. OvinAlp, historiquement positionné sur la viticulture, le maraîchage et l’arboriculture, lance une gamme dédiée aux grandes cultures, qu’il présente comme un relais de développement stratégique.
La valorisation de coproduits constitue un autre levier. Terrial s’approvisionne notamment en coproduits du groupe Avril. OvinAlp développe le projet Ov’ert, qui doit valoriser des coproduits de l’agro-industrie locale pour produire un intrant végétal. Compo Expert cite également l’intégration de matières premières alternatives et recyclées parmi ses axes d’innovation.
La spécialisation concerne aussi les engrais minéraux. EuroChem Agro France produit une formule NP soufrée sur son site de Lifosa, en Lituanie. Sumi Agro a lancé Phosium +, un microgranulé starter riche en phosphore, tandis qu’Eliard SPCP développe la gamme Smartphos. Impact Pro élargit de son côté ses gammes solides et liquides pour plusieurs cultures, dont le lin, la pomme de terre, la betterave, le colza et les céréales.
Le conseil et les outils complètent l’offre produit
« Sur les questions de traçabilité, de décarbonation et de mise en conformité réglementaire, le distributeur de demain sera de plus en plus un partenaire agronomique et moins un simple fournisseur de produits. » ICL
L’élargissement de l’offre passe aussi par l’accompagnement des distributeurs et des agriculteurs. « Chez ICL, nous considérons que l’innovation ne se limite pas au produit », indique le groupe, qui dit intégrer le digital, la formation et l’accompagnement technique à ses innovations. Fertinagro décrit une approche « technico-agronomique », fondée sur la formation, les résultats d’essais et le positionnement des solutions.
Plusieurs entreprises renforcent leur présence sur le terrain. Lhoist recrute des technico-commerciaux et Impact Pro augmente ses effectifs commerciaux pour proposer un accompagnement plus personnalisé. ICL a réorganisé ses équipes de vente entre granulés et spécialités. Le groupe résume l’évolution attendue du rôle des distributeurs, qui seront amenés à renforcer leur rôle d’accompagnement technique sur les questions de traçabilité, de décarbonation ou encore de conformité réglementaire : « Le distributeur de demain sera de plus en plus un partenaire agronomique et moins un simple fournisseur de produits. »
Les outils numériques et les supports de formation complètent ce dispositif. Lhoist propose des formations sur la fertilité des sols, le chaulage, la nutrition des cultures et la biostimulation. Hello Nature a lancé une chaîne YouTube avec des vidéos en plusieurs langues. Yara prépare une application destinée aux agriculteurs, qui réunira ses services numériques en France. Veolia intègre, de son côté, les actifs de Vegetal Signals afin de développer ses services numériques agricoles.
Concepts clés et définitions : #Biostimulants
Ces positions ressortent d’une enquête d’Agro Matin menée auprès de 18 fournisseurs, du 01/09/2026 au 15/10/2026.