Expertise
&
agronomie

Sols : Celesta-lab veut confronter les pratiques aux résultats mesurés


En rejoignant Pour une Agriculture du Vivant, Celesta-lab prévoit de croiser l’Indice de Régénération avec ses analyses biologiques. Le laboratoire a notamment réanalysé des parcelles suivies chez des agriculteurs pionniers afin d’observer leur évolution.

Sols : Celesta-lab veut confronter les pratiques aux résultats mesurés
Sols : Celesta-lab veut confronter les pratiques aux résultats mesurés

Comparer le potentiel des pratiques à l’état réel du sol

Celesta-lab rejoint Pour une Agriculture du Vivant (PADV), avec laquelle le laboratoire collaborait déjà ponctuellement, notamment dans le cadre de formations. Cette adhésion intervient alors que l’entreprise estime être suffisamment structurée pour consacrer davantage de temps aux travaux de l’association.

« J’avais toujours dit que j’adhérerai le jour où je serai en capacité de m’investir dans l’association. Pour moi, l’objectif premier, c’est d’apporter une pierre à l’édifice », explique Thibaut Déplanche, directeur général de Celesta-lab.

Cette collaboration doit notamment permettre de croiser l’Indice de Régénération, fondé sur les pratiques agricoles, avec les analyses biologiques réalisées par le laboratoire. « Ça mesure deux choses qui sont très différentes. L’Indice de Régénération, ça mesure un potentiel basé sur des déclarations. Là où la mesure donne un état réel du sol à un instant T », distingue-t-il.

L’état observé dépend toutefois de l’historique de la parcelle. Un sol jusque-là peu cultivé peut encore présenter un bon fonctionnement biologique malgré des pratiques récentes défavorables. À l’inverse, les effets d’un changement de pratiques peuvent tarder à apparaître dans un sol initialement dégradé.

« On pourrait tout à fait imaginer des pratiques extrêmement positives, mais un sol qui est dans un état pitoyable, parce qu’en fait, ça met du temps à se concrétiser », illustre Thibaut Déplanche. Les mesures doivent alors permettre de vérifier les évolutions : « Elles sont là pour objectiver : est-ce qu’on a l’effet escompté sur le sol ou pas ? »

Poursuivre le suivi des parcelles pionnières

Celesta-lab a déjà réanalysé un réseau de parcelles appartenant à des agriculteurs pionniers adhérents à PADV. Ces sols avaient fait l’objet de prélèvements plusieurs années auparavant.

« Ce sont des analyses qu’on avait déjà faites il y a un certain temps, pour évaluer ce qu’elles deviennent et comment les pratiques ont influencé ces différents sols », précise Thibaut Déplanche.

Pour les conseillers agricoles, ce croisement pourrait compléter les observations réalisées directement dans les parcelles. L’analyse biologique renseigne en effet sur des caractéristiques qui ne peuvent pas être déterminées par la seule observation visuelle.

Nous mesurons des choses qui sont invisibles.

« Les conseillers de terrain ont toute leur place au sein de ce système-là. Eux observent des choses qui sont visibles, et nous, on mesure des choses qui sont invisibles », souligne le directeur général. Ce rapprochement pourrait ainsi aider à vérifier si les effets attendus d’un couvert végétal ou d’une évolution du travail du sol se retrouvent effectivement dans les indicateurs biologiques.

Les prochaines formes de la collaboration restent encore à définir. « Aujourd’hui, on est en train de regarder les différentes collaborations possibles », indique Thibaut Déplanche. Les deux structures intervenaient cependant déjà ensemble lors de formations, et ces échanges se sont intensifiés depuis l’adhésion de Celesta-lab.