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Hérault : quatre pistes de diversification à expérimenter face au changement climatique


Quinoa, caroubier, céréales rustiques et pastoralisme interstitiel : Solagro a retenu quatre pistes de diversification pour les agricultures de l’Hérault face au changement climatique. L’étude explore leur potentiel après les arrachages de vignes, mais leur déploiement suppose encore des essais et la construction de débouchés.

Graines de caroubier, l’une des quatre pistes agricoles étudiées par Solagro dans l’Hérault. - © Getty Images/iStockphoto
Graines de caroubier, l’une des quatre pistes agricoles étudiées par Solagro dans l’Hérault. - © Getty Images/iStockphoto

Des cultures à tester, des filières à construire

« On a essayé de projeter le territoire dans le climat futur en cherchant des analogues climatiques », explique Frédéric Coulon, chargé de projets Agroécologie-Biodiversité à Solagro. L’étude a notamment comparé les projections de l’Hérault à des territoires situés entre Valence et Barcelone, dans la vallée de l’Èbre, en tenant également compte des types de sols.

« On a exploré une trentaine de cultures qui, potentiellement, pourraient être adaptées au territoire », précise Louis Sicard, également chargé de projets Agroécologie-Biodiversité à Solagro. Une dizaine de pistes ont émergé des échanges avec des agriculteurs, des élus, des techniciens et des chercheurs. La collectivité en a retenu quatre, notamment pour intégrer l’élevage et examiner des productions encore peu développées dans le secteur.

Le pastoralisme existe déjà dans le territoire et pourrait être renforcé. Des céréales rustiques y sont également cultivées, avec des débouchés possibles en meunerie et en circuits de proximité. Le quinoa fait l’objet d’essais locaux menés par le Cirad. Le caroubier, en revanche, n’est pas encore planté dans l’Hérault, même si des projets, portés par l’association Caroubes Occitanes, existent dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales. « Ce n’est pas quelque chose de complètement hors-sol et complètement déconnecté d’une réalité », souligne Louis Sicard, en évoquant les travaux de recherches et expérimentations du Cirad et les dynamiques engagées dans les territoires voisins.

Des références locales à acquérir

Solagro ne présente pas ces pistes comme des solutions déjà validées. « Dans un premier temps, c’est vraiment surtout avoir de l’acquisition de connaissances, à la fois scientifiques, mais aussi économiques », indique Louis Sicard. Les essais doivent préciser les variétés et les itinéraires techniques adaptés, mais aussi les rendements, les coûts de travaux et les conditions de récolte. L’ancrage local compte pour convaincre : « Ils croient d’autant plus quand ils le voient sur leurs parcelles et sur leurs territoires. »

La disponibilité en eau et la qualité des sols pèseront sur les choix. Certaines parcelles viticoles ont peu de matière organique et une faible réserve utile. De plus, la baisse des précipitations annuelles conjuguées aux déficits hydriques plus marqués en été accentue les remontées salines près du littoral. La tolérance au sodium du quinoa et du caroubier constitue une piste à explorer, sans préjuger de leur comportement dans les conditions locales.

La construction de ces filières peut aussi s’appuyer sur des outils déjà présents. « Il y a déjà une coopérative, la coopérative Graines Équitables, qui collecte du quinoa. Il y a déjà un outil filière qui existe à proximité », explique Frédéric Coulon. Des équipements de nettoyage des grains sont également disponibles. Solagro a néanmoins préchiffré des besoins complémentaires, notamment pour traiter certaines variétés de quinoa riches en saponines. L’enjeu est donc de recenser les initiatives et les outils existants et de mobiliser les acteurs du territoire autour de stratégies d’action communes, avant d’envisager de nouveaux investissements.