Agroécologie
L’agroécologie est à la fois une science, un ensemble de pratiques agricoles et un mouvement social qui s’inspire des principes écologiques pour concevoir des systèmes alimentaires durables, résilients et justes. Elle vise à optimiser les interactions entre les plantes, les animaux, les êtres humains et leur environnement, en réduisant les intrants chimiques, en préservant les ressources naturelles et en valorisant la biodiversité. Portée par des agriculteurs, des organisations paysannes et des institutions internationales, elle contribue à la souveraineté alimentaire, à l’adaptation au changement climatique et à la vitalité des territoires ruraux.

Une approche triple : science, pratiques et mouvement social
L’agroécologie est à la fois une science, un ensemble de pratiques agricoles et un mouvement social.
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En tant que science, elle étudie les interactions écologiques au sein des systèmes agricoles pour comprendre et optimiser leur fonctionnement.
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Comme ensemble de pratiques, elle met en œuvre des techniques inspirées des principes écologiques pour produire de manière durable.
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En tant que mouvement social, elle est portée par des organisations paysannes, comme Via Campesina, qui défendent la souveraineté alimentaire et l’autonomie des producteurs.
Des principes fondés sur les 10 éléments de la FAO
L’agroécologie repose sur les dix piliers définis par la FAO : diversité, synergies, efficience, résilience, recyclage, co-création et partage des savoirs, valeurs sociales et culturelles, économie circulaire et solidaire, gouvernance responsable et connectivité entre producteurs et consommateurs. Ces principes visent à concilier performance économique, respect des ressources naturelles et justice sociale.
Des pratiques agricoles adaptées aux territoires
Parmi les techniques agroécologiques, on retrouve la diversification et la rotation des cultures, l’association culture-élevage (agro-pastoralisme), l’agroforesterie, les cultures de couverture, le semis direct, le compostage, la fertilisation organique et la gestion intégrée des nutriments. La lutte biologique et la gestion intégrée des ravageurs permettent de limiter le recours aux intrants chimiques. L’agroécologie privilégie aussi les systèmes alimentaires courts et territorialisés, afin de rapprocher producteurs et consommateurs.
Une dimension sociale et culturelle affirmée
Au-delà des aspects agronomiques, l’agroécologie valorise les savoirs paysans traditionnels et encourage les échanges de connaissances entre agriculteurs, souvent via la formation par les pairs. Elle soutient les circuits courts, la rémunération équitable des producteurs, la gouvernance alimentaire démocratique et la souveraineté alimentaire. Elle contribue également à maintenir des systèmes alimentaires locaux résilients et à préserver l’identité culturelle des territoires ruraux.
Un levier face aux défis globaux
L’agroécologie répond à plusieurs Objectifs de Développement Durable (ODD) : lutte contre la pauvreté (ODD 1), faim zéro (ODD 2), action pour le climat (ODD 13) et préservation de la biodiversité (ODD 15). Elle permet d’atténuer et de s’adapter au changement climatique, de préserver l’eau et les sols, et de renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, tout en revitalisant les communautés rurales.
Enjeux et perspectives
Malgré un intérêt croissant et un soutien accru d’organisations internationales comme la FAO ou l’ONU, l’agroécologie fait face à des défis : politiques agricoles encore majoritairement orientées vers les modèles industriels, difficultés d’accès au foncier pour les jeunes agriculteurs et absence de reconnaissance réglementaire claire, ce qui expose le terme à des récupérations abusives. Pour garantir son intégrité, des indicateurs de durabilité et des démarches de suivi participatif avec les communautés sont en développement.