Biostimulants : le changement climatique redéfinit les priorités de l’innovation
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Les biostimulants à l’épreuve du climat : de l’innovation produit à la gestion du risque agronomique
Les nouveautés annoncées pour 2026 illustrent une évolution profonde du marché des biostimulants. Alors que ces solutions étaient historiquement présentées comme un levier de performance, les industriels les positionnent désormais comme des outils de résilience face aux aléas climatiques.
De la recherche de performance à la sécurisation du rendement
Le changement est frappant. Dans les réponses recueillies par Agro Matin, rares sont les fabricants qui mettent encore en avant le seul gain de rendement. Les mots qui reviennent désormais le plus souvent sont « stress abiotique », « résilience », « sécurisation » ou encore « efficience ». Agro Matin met en évidence cette évolution dans les discours du secteur.
ICL résume bien cette dynamique en identifiant les épisodes météorologiques extrêmes comme l’un des principaux moteurs du développement des biostimulants. Pour l’entreprise, leur rôle évolue clairement vers un objectif de renforcement de la résilience des cultures, davantage que vers la seule recherche de gain de rendement.
Le rôle des biostimulants évolue clairement vers un objectif de renforcement de la résilience des cultures, davantage que vers la seule recherche de gain de rendement.
Dans cette logique, Via Végétale prépare VVigoris, développé sur trois ans pour aider les cultures à mieux supporter les stress hydriques, thermiques ou chimiques. L’entreprise lancera également VV Start, conçu pour améliorer la germination et la vigueur des jeunes plantes dès les premiers stades de développement.
De son côté, Vivagro travaille sur plusieurs produits reposant sur une nouvelle technologie à base d’algues, destinés à renforcer la tolérance des cultures aux stress abiotiques. Philagro développe également un biostimulant à base d’acide abscissique visant à améliorer la résistance des céréales au déficit hydrique. Plus largement, de nombreux fabricants citent la sécheresse et les épisodes de chaleur comme moteurs majeurs de leurs programmes de recherche.
Sols, microbiologie et nutrition : l’autre levier de performance
Cette évolution ne se limite toutefois pas au stress hydrique. Les fabricants cherchent aussi à renforcer le fonctionnement biologique des sols et la capacité des plantes à mieux valoriser les ressources disponibles.
Bio3G poursuit ainsi le développement de solutions microbiologiques, tandis que Via Végétale mise sur des complexes bactériens favorisant la libération des éléments nutritifs, ainsi que sur Rhizomic, destiné à stimuler l’activité biologique autour des racines. Vertal continue d’investir dans des formulations à base de Trichoderma harzianum, capables d’accélérer la décomposition des résidus de culture tout en favorisant l’enracinement.
L’amélioration de l’efficience de la fertilisation constitue un autre axe majeur. Les nouveaux produits développés par Via Végétale visent notamment à améliorer l’absorption et la valorisation de l’azote, tandis que plusieurs fabricants concentrent leurs travaux sur la réduction des intrants et la meilleure mobilisation des ressources déjà présentes dans le sol. La logique évolue clairement : il ne s’agit plus seulement d’apporter davantage, mais de mieux utiliser ce qui est déjà disponible.
Les biostimulants deviennent des outils de sécurisation du potentiel de production face à des aléas climatiques plus fréquents.
Au-delà des innovations, cette enquête met surtout en lumière un changement de philosophie. Les biostimulants ne sont plus présentés comme des outils visant à maximiser le rendement, mais comme des solutions capables de limiter les pertes lorsque les conditions deviennent très défavorables. Dans un contexte où les épisodes de sécheresse, de chaleur ou de stress se multiplient, l’innovation ne vise plus uniquement à produire davantage, mais à préserver le potentiel des cultures.
Les efforts de recherche se concentrent ainsi sur les technologies de formulation, les micro-organismes et l’amélioration de l’efficience des nutriments, avec un objectif commun : aider les cultures à mieux traverser les épisodes de stress.