Nappes phréatiques : la baisse s’accélère à l’approche de l’été
La recharge des nappes phréatiques est désormais terminée. Au 15 juin, la majorité des niveaux sont orientés à la baisse sous l’effet du déficit pluviométrique observé depuis fin mai. Si la situation demeure globalement satisfaisante grâce aux réserves accumulées durant l’hiver, certaines nappes réactives montrent déjà des signes de fragilité.
Une situation encore favorable à l’échelle nationale
Après plusieurs mois globalement favorables, les nappes phréatiques françaises entrent dans leur phase estivale de vidange. Dans son bulletin publié le 19 juin, le BRGM indique qu’au 15 juin, 86 % des niveaux observés sont en baisse, contre 77 % un mois plus tôt. Une évolution qui traduit l’impact du déficit pluviométrique enregistré depuis la seconde quinzaine de mai.
La situation reste néanmoins relativement satisfaisante à l’échelle nationale. Selon le BRGM, 55 % des points de suivi présentent encore des niveaux autour ou au-dessus des normales mensuelles. Ce résultat s’explique en grande partie par la recharge hivernale particulièrement efficace observée en début d’année, notamment au mois de février.
Des nappes plus sensibles déjà sous pression
Toutes les nappes ne réagissent toutefois pas de la même manière. Les nappes dites « inertielles », qui se rechargent et se vident lentement, conservent encore des niveaux confortables dans de nombreux secteurs, notamment dans le Bassin parisien, la Beauce ou le couloir Rhône-Saône. À l’inverse, les nappes réactives, plus sensibles aux variations météorologiques, enregistrent déjà des baisses parfois marquées.
Le BRGM signale notamment des situations plus fragiles sur certaines nappes de socle du Limousin, où les niveaux sont localement bas à très bas. Dans ces secteurs, l’absence de pluies efficaces pourrait entraîner une dégradation rapide au cours de l’été.
Les précipitations enregistrées ces dernières semaines n’ont en effet que peu contribué à la recharge des aquifères. À cette période de l’année, l’eau est majoritairement captée par la végétation ou s’évapore avant d’atteindre les nappes souterraines.
Les perspectives pour les prochains mois dépendront donc principalement des conditions météorologiques estivales et de l’intensité des prélèvements. Si les réserves accumulées durant l’hiver devraient permettre aux nappes les plus lentes de maintenir des niveaux satisfaisants, les aquifères les plus réactifs pourraient connaître une baisse rapide en cas de poursuite du temps sec.
Si le BRGM ne signale pas d’inquiétude généralisée sur les nappes, la situation en surface évolue plus rapidement, notamment à cause des conditions météorologiques extrêmes des derniers jours, avec une extension continue des restrictions d’usage de l’eau. Au 24 juin, elles concernent désormais plus de 60 départements et tous les types d’eau sont concernés.