Maïs fourrage : la sécheresse avance les récoltes de plusieurs semaines
Les premiers ensilages de maïs fourrage ont déjà débuté dans les situations les plus pénalisées par le déficit hydrique. Dans un communiqué publié le 24/07/2026, Arvalis constate une précocité exceptionnelle des récoltes en 2026, conséquence d’un printemps peu arrosé et de trois épisodes caniculaires successifs. Si les situations restent très contrastées selon les régions et les types de sols, l’institut rappelle que les prévisions doivent être confrontées aux observations réalisées à l’échelle de chaque parcelle avant de programmer les chantiers d’ensilage.
Un déficit hydrique marqué à l’approche de la floraison
Dans les secteurs les plus touchés par le manque d’eau, des ensilages ont été réalisés dès le début du mois de juillet, une précocité inhabituelle qui illustre l’intensité du stress subi par les cultures. Selon Arvalis, la faible pluviométrie enregistrée depuis le printemps, combinée à trois périodes de fortes chaleurs, a fortement perturbé le développement des maïs, réduisant leur potentiel de rendement et accélérant leur maturation. À ce stade de la campagne, les parcelles les plus tardives terminent leur floraison tandis que les plus précoces ont déjà atteint le stade limite d’avortement des grains (SLAG).
Pour illustrer cette situation, Arvalis publie une carte du déficit hydrique observé entre le 1er juin et le 21 juillet, calculé à partir du bilan entre les précipitations et l’évapotranspiration potentielle. Comparée à la médiane des vingt dernières années, elle met en évidence un déficit particulièrement prononcé dans une grande partie du territoire. L’institut rappelle toutefois que les conséquences varient fortement selon les dates de semis, la profondeur des sols ou encore leur capacité de rétention en eau.
Des récoltes attendues dès la première quinzaine d’août
Comme chaque année, Arvalis publie également une carte prévisionnelle des dates de début de récolte du maïs fourrage, établie à partir de 199 cas types représentatifs des principales zones de production. Les prévisions, arrêtées au 23 juillet, annoncent des récoltes qui s’engagent largement dès la première quinzaine d’août. L’institut souligne néanmoins que ces estimations doivent être interprétées avec prudence dans un contexte climatique « hors normes », les modèles pouvant perdre en précision lorsque les cultures subissent un stress hydrique intense.
Dans ces conditions, Arvalis insiste sur la nécessité de raisonner la date d’ensilage à l’échelle de chaque parcelle. Sous l’effet du stress hydrique, le taux de matière sèche peut évoluer très rapidement, plus vite que ne le prévoient les modèles. L’institut recommande donc d’observer le gabarit des plantes, l’état du feuillage, la présence et le niveau de fécondation des épis ainsi que le stade de développement des grains avant de prendre une décision. Un diagnostic fiable du nombre de grains ne peut être réalisé qu’environ trois semaines après la floraison.
Même sans épi, un maïs peut conserver un intérêt alimentaire
Arvalis rappelle enfin qu’un maïs ensilé sans épi n’est pas nécessairement dépourvu de valeur alimentaire. En l’absence de grains, l’essentiel de l’énergie provient de la digestibilité des tiges et des feuilles. Les références disponibles montrent que, lorsque cette digestibilité reste satisfaisante, la valeur énergétique du fourrage demeure proche de celle d’un maïs ensilage classique. Des travaux américains cités par l’institut font notamment état de valeurs comprises entre 85 et 100 % de la normale pour des maïs ayant subi la sécheresse, même si ces résultats ne peuvent être directement transposés aux conditions observées en 2026.