Agroécologie

Écophyto 2030 : sept territoires vont tester la réduction des phytos à l’échelle locale


Sept projets ont été retenus dans le cadre du premier appel à projets national de la stratégie Écophyto 2030. Dotés d’une enveloppe globale de 2,06 M€, ils doivent expérimenter une forte réduction, voire la suppression, des produits phytopharmaceutiques dans des territoires où se croisent enjeux de qualité de l’eau et de biodiversité.

Écophyto 2030 : sept territoires vont tester la réduction des phytos à l’échelle locale
Écophyto 2030 : sept territoires vont tester la réduction des phytos à l’échelle locale

Sept projets retenus sur onze candidatures

Faire de territoires à forts enjeux environnementaux des démonstrateurs de la réduction des phytos. C’est l’objectif des sept projets sélectionnés parmi onze candidatures dans le cadre de l’appel à projets « Territoires de convergence eau potable et Natura 2000 », dont le ministère de l’Agriculture a publié les résultats le 4 août 2026.

Premier appel à projets national de la stratégie Écophyto 2030, le dispositif cible des territoires comprenant au moins une aire d’alimentation de captage et un ou plusieurs sites Natura 2000. Les projets doivent chercher à supprimer ou fortement réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques tout en intégrant les enjeux agricoles et économiques locaux.

L’enveloppe totale atteint 2,06 M€, avec un financement pouvant aller jusqu’à 300 000 € par projet pour une durée maximale de 36 mois. Les projets retenus bénéficieront également d’une animation nationale destinée à capitaliser et diffuser les enseignements issus des expérimentations.

Des auxiliaires aux filières locales, plusieurs leviers à l’essai

Les sept projets sélectionnés illustrent des approches différentes. Dans la vallée de l’Auxance, le projet ABEAU doit accompagner une dizaine d’agriculteurs volontaires d’un bassin céréalier dans l’expérimentation de pratiques agroécologiques réduisant les intrants de synthèse. Les résultats doivent ensuite être diffusés auprès des conseillers agricoles, GIEE, organismes de recherche et autres acteurs locaux.

Sur le territoire du Grand Lyon, RAPACE s’intéressera à la régulation biologique des ravageurs. Le projet doit identifier les espèces auxiliaires présentes et déterminer dans quelle mesure elles peuvent contribuer à diminuer la pression des ravageurs et le recours aux produits phytopharmaceutiques.

Dans le Châtillonnais, EADC associera pratiques à faibles intrants, paiements pour services environnementaux, structuration de filières locales et suivi scientifique et technique des captages. En viticulture, le projet PREVOIR, dans le parc naturel régional Corbières-Fenouillèdes, travaillera notamment sur le rôle des friches, haies et murets pour conjuguer réduction des phytos, qualité de l’eau et préservation de la biodiversité.

Au-delà des résultats obtenus dans ces sept territoires, l’enjeu sera de déterminer quelles combinaisons de leviers agronomiques, économiques et d’accompagnement peuvent ensuite être transposées dans d’autres bassins agricoles.