Viticulture : le recours aux fongicides réduit de 30 à 50 % grâce à une « assurance verte » (Inrae)
Associer un outil d’aide à la décision à une assurance spécifique permettrait de réduire de 30 % à 50 % l’usage de fongicides en viticulture, en bio comme en conventionnel. C’est ce que montre une expérimentation pilotée par l’IFV, Inrae et plusieurs partenaires, reposant sur une « assurance verte » destinée à sécuriser les prises de risque des viticulteurs.
Un OAD au cœur de la réduction des fongicides
Une réduction de 30 % à 50 % de l’usage de fongicides sur les parcelles en expérimentation, en agriculture biologique comme en conventionnel, tel est le résultat d’un OAD développé par l’IFV à destination des viticulteurs, comme l’indique une étude de l’European Review of Agricultural Economics en date du 19/12/2025 reprise par Inrae, le 06/01/2026. L’OAD était associé à une assurance spécifique, élaborée par l’université de Bordeaux et Inrae, en collaboration avec l’IFV, les coopératives viticoles de Tutiac (Gironde) et Buzet (Lot-et-Garonne) ainsi que Groupama.
En effet, les chercheurs ont construit, avec la compagnie d’assurances et les deux coopératives, un contrat d’assurance, appelé « assurance verte », conditionné à l’usage de l’OAD et subventionné en grande partie par la région Nouvelle-Aquitaine, dans le cadre du programme VitiREV1. Les viticulteurs étaient dédommagés des pertes éventuelles de production liées aux maladies par l’assurance, à condition qu’ils aient suivi toutes les recommandations de l’OAD, avec une franchise de 5 %.
Des limites observées après une année à forte pression sanitaire
Sur les 75 ha de parcelles en expérimentation, les pertes de productions liées aux maladies sont restées en dessous des 5 % durant les trois premières années du test. « Ces résultats positifs ont incité les coopératives à étendre la surface expérimentée, et l’assureur à réduire les cotisations. Cependant, une des parcelles a subi d’importantes pertes de production au cours de la dernière année, ce qui a donné lieu au versement d’indemnités par l’assureur », indique Inrae.
« Si l’assurance ne suffit pas toujours à encourager l’expérimentation après une mauvaise année, elle n’en reste pas moins un facilitateur important. Ces résultats démontrent que ce type d’assurance serait un levier majeur pour inciter les agriculteurs à expérimenter de nouvelles innovations et pratiques pour réduire l’usage des pesticides », conclut l’institut.