Agrostratégie

Auraïa : naissance d’un nouveau géant coopératif agricole dans le Sud-Ouest


La fusion entre Terres du Sud et Vivadour donne naissance à Auraïa, un groupe coopératif agricole de 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 9 000 agriculteurs. Présenté le 1er juin 2026, ce nouvel ensemble entend structurer ses activités autour de six pôles et porter une stratégie à horizon 2030 centrée sur la valorisation des terroirs, l’accompagnement des exploitations et la performance globale, sans impact social direct annoncé.

Florent Estebenet et Sylvain Théon, président et DG d’Auraïa, le 01/06/2026 - © Auraïa/capture d’écran
Florent Estebenet et Sylvain Théon, président et DG d’Auraïa, le 01/06/2026 - © Auraïa/capture d’écran

Un nouveau poids lourd coopératif dans le Sud-Ouest

Le groupe coopératif Auraïa est né de la fusion entre Terres du Sud et Vivadour. Présenté officiellement le 1er juin 2026 par les dirigeants des deux structures, ce rapprochement avait été validé par les conseils d’administration en avril 2025, puis autorisé sans condition par l’Autorité de la concurrence en janvier 2026.

La gouvernance a été construite dans une logique de continuité. Le conseil d’administration d’Auraïa réunit 22 agriculteurs, à parts égales entre les deux coopératives fondatrices. À sa tête, Florent Estebenet, ancien président de Vivadour, assure la présidence pour un an, tandis que Sylvain Théon, ex-directeur général de Terres du Sud, prend la direction générale pour un mandat de quatre ans, jusqu’en 2030. Les dirigeants mettent en avant une organisation pensée pour garantir la stabilité du projet dans cette phase de transition.

Avec cette fusion, Auraïa pèse désormais 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires. L’activité reste fortement dépendante des marchés céréaliers, avec environ 800 000 tonnes collectées chaque année. Le groupe s’appuie sur un large socle agricole, en lien avec près de 9 000 agriculteurs, soit environ un exploitant sur deux dans sa zone d’influence, qui couvre notamment le Lot-et-Garonne, la Dordogne, le Gers, le Tarn-et-Garonne et la Gironde. Il représente aussi 600 000 hectares de surface agricole et compte environ 1 915 salariés, répartis entre plusieurs structures et sociétés.

Six pôles pour couvrir toute la chaîne de valeur agricole

Auraïa se structure autour de six grands pôles d’activité qui couvrent l’ensemble de la chaîne agricole et agroalimentaire. Le végétal, qui regroupe les grandes cultures et diverses productions spécialisées, représente une part importante de l’activité, tout comme le pôle animal, centré sur les volailles, le canard gras et le bovin. Le groupe développe également des activités dans les vins et spiritueux, la distribution via les jardineries comme Gamm vert, ainsi que des productions végétales contractuelles telles que les semences et les légumes de plein champ. Un dernier pôle regroupe les fonctions support, en appui de l’ensemble des métiers.

Au-delà de cette organisation, Auraïa combine deux logiques complémentaires : l’accompagnement des exploitations agricoles, à travers le conseil, les services et la fourniture d’agroéquipements, et la valorisation des productions, via la collecte, la transformation et la commercialisation. Selon la direction, le groupe dispose à la fois d’outils industriels propres et de partenariats avec des acteurs dont il est parfois actionnaire minoritaire.

La stratégie à horizon 2030, baptisée « Révéler le terroir, nourrir le collectif », repose sur trois ambitions principales. Elle vise d’abord à renforcer la valorisation des terroirs et des marques régionales, en développant de nouveaux marchés et en consolidant les positions commerciales. Elle entend ensuite placer les agriculteurs au centre d’un écosystème de services afin de simplifier leur quotidien, améliorer la résilience des exploitations et accompagner les transitions climatiques. Enfin, elle ambitionne de renforcer la performance globale du groupe en optimisant les organisations, en intégrant de nouveaux outils technologiques, notamment l’intelligence artificielle, et en améliorant l’attractivité des métiers.

La direction assure qu’il n’y aura pas d’impact social direct lié à la fusion. Les équipes des deux coopératives sont considérées comme nécessaires pour accompagner les projets du nouveau groupe. Les fonctions support seront maintenues sur les sites historiques, transformés en sièges administratifs, tandis qu’un nouveau siège social sera implanté à Estillac, dans le Lot-et-Garonne.