GES agricoles : une baisse modérée en 2025, tirée par le recul du cheptel bovin
Selon le Citepa, les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture et de la sylviculture diminuent de 1,2 % en 2025. Une tendance portée par la décapitalisation du cheptel, malgré une hausse des émissions liées aux cultures.
Un recul global porté par l’élevage
Entre baisse des effectifs bovins et reprise des apports d’engrais azotés, les dynamiques d’émissions restent contrastées au sein du secteur agricole. Selon le baromètre mensuel du Citepa publié le 8 avril 2026, les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture et de la sylviculture sont estimées à 75 Mt CO₂e en 2025, contre 76 Mt CO₂e en 2024, soit un recul de 1,2 %.
Dans le détail, cette évolution repose sur des dynamiques contrastées entre les sous-secteurs. Les émissions liées à l’élevage diminuent de 1,09 Mt CO₂e (-2,4 %), principalement sous l’effet de la réduction du cheptel bovin. À l’inverse, les émissions des cultures progressent légèrement (+0,25 Mt CO₂e), en lien avec une hausse des apports d’engrais minéraux azotés sur les deux dernières campagnes.
Des trajectoires opposées pour les émissions de méthane et de protoxyde d’azote
Le baromètre met en évidence une baisse des émissions de méthane issues de l’élevage (-2,5 %), cohérente avec le recul des effectifs bovins. Les émissions de protoxyde d’azote suivent la même tendance pour l’élevage (-2,2 %). En revanche, celles du secteur des cultures augmentent (+1,5 %), conséquence directe de l’intensification des apports d’engrais minéraux, partiellement compensée par une diminution des apports organiques liés aux élevages (pâturage et épandage).
La décapitalisation du cheptel bovin se poursuit en 2025 : les vaches allaitantes reculent de 2,8 %, les vaches laitières de 2,9 % et les bovins improductifs de 1,9 %. Le Citepa précise que les dépeuplements liés à la DNC ne contribuent pas de manière significative à cette tendance.
Les autres filières animales présentent des évolutions plus contrastées. Le cheptel de porcs à l’engrais diminue de 0,7 %, tout comme celui des truies (-0,8 %). À l’inverse, les effectifs de volailles progressent, avec une hausse de 4 % pour les poulets, de 5,8 % pour les poulettes et de 3,4 % pour les dindes, tandis que les pondeuses restent globalement stables (+0,3 %). En revanche, les effectifs de canards (-7,2 %) et de pintades (-2,4 %) sont en recul.
Tous secteurs confondus, les émissions nationales brutes (hors puits de carbone) atteindraient 364 Mt CO₂e en 2025, soit une baisse estimée de 1,5 % sur un an. Cette diminution s’inscrit dans une tendance amorcée depuis plusieurs années, avec des reculs successifs de 3,9 % entre 2021 et 2022, de 6,8 % entre 2022 et 2023, puis de 1,8 % entre 2023 et 2024.
Enfin, le Citepa souligne une reprise des livraisons d’engrais minéraux. Celles-ci progressent de 1,7 % sur la campagne 2024-2025 par rapport à la précédente. Les apports d’engrais azotés, estimés à partir de la moyenne des deux dernières campagnes, seraient en hausse de 4 % en 2025 par rapport à 2024.