Agroécologie

Nappes phréatiques : la vidange s’accentue malgré une situation encore correcte


Le déficit pluviométrique du printemps accélère la vidange des nappes phréatiques en France. Si la situation reste globalement satisfaisante, avec 59 % des niveaux autour ou au-dessus des normales, plusieurs secteurs sensibles pourraient rapidement se dégrader en cas de temps chaud et sec prolongé.

Le déficit de pluies fait craindre des tensions sur l’irrigation en Bretagne et dans le Limousin. - © ABeijeman / Pixabay
Le déficit de pluies fait craindre des tensions sur l’irrigation en Bretagne et dans le Limousin. - © ABeijeman / Pixabay

La recharge des nappes freinée par des pluies insuffisantes et mal réparties

La baisse des niveaux des nappes phréatiques s’accentue en France. Au 15 mai 2026, 77 % des points de suivi affichent une tendance à la baisse, selon le dernier bulletin du BRGM. Malgré cette évolution, la situation reste globalement satisfaisante puisque 59 % des nappes présentent encore des niveaux autour des normales mensuelles ou supérieurs.

Des réserves d’eau en recul sur une large partie du territoire - © BRGM
Des réserves d’eau en recul sur une large partie du territoire - © BRGM

Cette accélération de la vidange s’explique principalement par le déficit pluviométrique observé en avril. Les pluies orageuses du début mai n’ont pas permis une recharge efficace des nappes, en raison de leur intensité, de leur répartition hétérogène et d’une forte consommation d’eau par la végétation en pleine croissance. Les sols, déjà asséchés, ont d’abord absorbé ces précipitations avant toute infiltration en profondeur.

Les nappes dites « inertielles », qui réagissent lentement aux conditions météorologiques, restent globalement stables. Les niveaux demeurent autour de la normale dans le Bassin parisien, le couloir Rhône-Saône ou encore en Normandie. Certaines zones restent toutefois sous surveillance, notamment les nappes des calcaires du Boulonnais et de l’Avesnois, jugées modérément basses.

La situation est plus contrastée pour les nappes réactives, particulièrement sensibles aux variations climatiques. Plusieurs secteurs enregistrent une dégradation, notamment les nappes du socle armoricain, du Limousin ou encore les calcaires jurassiques des Charentes. À l’inverse, certaines nappes alluviales conservent des niveaux élevés, comme celles de la Garonne, du Rhône inférieur ou de la plaine du Roussillon.

Pour les prochaines semaines, les prévisions de Météo-France annoncent un temps plutôt chaud et sec, peu favorable à la recharge. Le BRGM estime ainsi que la tendance devrait rester majoritairement orientée à la baisse. Les nappes les plus réactives pourraient rapidement souffrir d’un déficit prolongé en précipitations, d’autant que les besoins de la végétation et les prélèvements augmentent avec l’arrivée de l’été.

Concepts clés et définitions : #Nappes phréatiques