Guayule : Arterris et GuaTecs préparent le passage à l’échelle
Après une première expérimentation conduite depuis 2024 dans l’Aude, Arterris Innovation et GuaTecs implantent 3,2 ha supplémentaires de guayule. Les partenaires doivent encore préciser l’itinéraire cultural, mécaniser la récolte et financer un démonstrateur industriel.
Étendre les essais conduits dans l’Aude
Arterris Innovation et la start-up montpelliéraine GuaTecs poursuivent leurs travaux sur le guayule, un arbuste originaire des régions semi-arides du Mexique et producteur de caoutchouc naturel. Après une première implantation sur 0,5 ha en 2024, à la ferme expérimentale de Bonanza, à Alzonne dans l’Aude, 3,2 ha supplémentaires doivent être plantés.
Les essais visent à vérifier l’adaptation de la culture aux conditions pédoclimatiques du Sud et du Sud-Ouest, à préciser son itinéraire technique et à tester la mécanisation de la récolte. Le guayule pourrait être exploité pendant environ huit ans, avec plusieurs récoltes espacées de deux ans, selon les deux partenaires.
La plante est étudiée comme une possible diversification pour des sols pauvres, calcaires ou caillouteux soumis à de fortes contraintes hydriques. Elle produit du polyisoprène, principal constituant du caoutchouc naturel, sans les protéines responsables de l’allergie au latex d’hévéa.
Une unité de démonstration encore à financer
Le projet doit toutefois franchir plusieurs étapes avant de constituer une filière commerciale. La récolte reste notamment à mécaniser et la biomasse doit être transformée rapidement afin de préserver le rendement d’extraction.
GuaTecs indique avoir validé son procédé à l’échelle pilote. Une dizaine d’entreprises des secteurs médical, cosmétique, du luxe ou du transport évalueraient actuellement ses échantillons. La start-up cherche à lever 3 M€ en fonds propres, complétés par des aides publiques, pour construire une unité de démonstration.
À cinq ans, elle vise une production annuelle de 10 000 tonnes de polyisoprène, qui nécessiterait plusieurs dizaines de milliers d’hectares de guayule. Cet objectif reste conditionné à la validation des performances agronomiques, à la mise en place de l’outil industriel et à la sécurisation des débouchés.