Eau : raisonner ensemble pratiques, irrigation et aménagements
Tous les scénarios étudiés dans le bassin Seine-Normandie par la Driaaf aboutissent à une hausse des besoins agricoles en eau d’ici à 2050. Le rapport préconise de combiner l’évolution des pratiques avec le pilotage de l’irrigation et l’aménagement du territoire.
Commencer par le sol et l’assolement
Avant d’investir dans un nouvel équipement, le diagnostic peut commencer par la manière dont l’exploitation reçoit, conserve et utilise l’eau. Le rapport prospectif commandé par la Driaaf Île-de-France propose d’examiner la diversité de l’assolement, l’équilibre entre cultures d’hiver et de printemps, le choix variétal et les dates de semis afin de limiter l’exposition aux périodes sèches.
La couverture du sol, la réduction du travail du sol, la matière organique, les haies, les bandes enherbées ou l’agroforesterie doivent également être appréciées pour leurs effets sur l’infiltration et le ruissellement. Pour objectiver les progrès, les auteurs préconisent des indicateurs agroécologiques simples et des références croisant consommation d’eau, rendement, marge et temps de travail.
Éviter que l’efficience n’étende l’irrigation
Lorsque l’irrigation reste nécessaire, plusieurs leviers peuvent être combinés : remplacement des installations vétustes, entretien des réseaux, matériel plus efficient, outils d’aide à la décision et capteurs d’humidité du sol.
Une économie à l’hectare ne garantit cependant pas une diminution du prélèvement total. Le gain obtenu peut conduire à irriguer davantage de surfaces ou à implanter des cultures plus consommatrices. Pour prévenir cet effet rebond, le rapport propose de conditionner l’accès à l’irrigation à des critères comme la couverture des sols et la diversité des assolements, dans la limite de volumes prélevables définis localement. Le suivi peut donc comparer le volume par hectare, le volume total de l’exploitation et l’évolution de l’assolement.
Articuler stockage, aménagement et débouchés
Le rapport n’écarte pas le stockage en période de hautes eaux, mais invite à ne pas raisonner uniquement ouvrage par ouvrage. L’origine de l’eau, les pertes, les effets cumulés sur les nappes et les débits d’étiage, les règles de remplissage et la possible extension de l’irrigation doivent être étudiés à l’échelle du sous-bassin.
Cette réflexion peut être complétée par des aménagements inspirés de l’hydrologie régénérative, afin de ralentir, répartir et infiltrer l’eau grâce aux haies, aux noues, aux zones humides, à l’agroforesterie et à des sols couverts. La réutilisation des eaux de process constitue une autre piste pour réduire les prélèvements des industries agroalimentaires.
Ces évolutions supposent enfin des débouchés capables de rémunérer les changements de pratiques. Les possibilités de transformation, les contrats et les marchés locaux doivent donc être examinés avant l’introduction de nouvelles cultures. Le rapport préconise également de soutenir la transition par la formation, l’accompagnement technique et des dispositifs financiers couvrant une partie du risque.
Concepts clés et définitions : #Nappes phréatiques