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Silos : comment détecter une infestation d’insectes ?


Les insectes des grains sont difficiles à repérer et une infestation peut rester localisée. Selon les essais présentés par Arvalis, les pièges perforés installés dans les lots permettent de détecter les infestations plus tôt que les prélèvements ponctuels à la canne sonde. Leur interprétation doit toutefois tenir compte de la température du lot, des espèces capturées et des possibilités de refroidissement.

Silos : comment détecter une infestation d’insectes ?
Silos : comment détecter une infestation d’insectes ?

Installer des pièges dans le grain

Les pièges perforés, en forme de tube ou de pomme d’arrosoir, capturent les insectes mobiles qui se déplacent dans les grains. Ils permettent de suivre l’évolution d’une infestation et de repérer si elle est localisée ou présente dans plusieurs zones du lot. Des essais présentés par Arvalis montrent qu’ils peuvent détecter certaines infestations plusieurs semaines avant les prélèvements à la canne sonde.

Dans la mesure du possible, les pièges sont répartis de façon homogène sur la surface du lot, en accordant une attention particulière aux zones les moins refroidies : sommet du tas, pointes non aplaties ou grains proches d’une paroi exposée au sud. Dans une cellule verticale, la surveillance des 30 à 40 premiers centimètres sous la surface constitue déjà un premier maillage utile. La pose n’est toutefois envisageable que si l’accès au grain est sécurisé.

Relever les pièges régulièrement

Tant que la température du grain favorise l’activité des insectes, Arvalis recommande des relevés rapprochés : au moins une fois par mois, et si possible deux. Les contrôles peuvent être espacés lorsque le lot est suffisamment refroidi, autour de 14 à 15 °C. Les pièges peuvent rester dans la cellule pendant le stockage.

Leur absence de capture ne garantit pas que tout le lot est indemne : chaque piège n’explore qu’un volume limité de grains. À l’inverse, le nombre d’insectes capturés ne permet pas de calculer directement la densité présente dans l’ensemble du lot.

Sans piège, multiplier les prélèvements

Un prélèvement ponctuel à la canne sonde peut manquer une infestation, surtout si les insectes sont peu nombreux et regroupés. Il vaut mieux multiplier les prélèvements de plus petite taille que se limiter à quelques prélèvements plus volumineux. Sur un lot stocké, il faut cibler les zones à risque et, lorsque c’est possible, prélever jusqu’à environ 30 cm sous la surface.

Le tamisage d’un échantillon, avec un tamis à mailles d’environ 2 mm, révèle les insectes mobiles présents dans les grains. Il ne détecte pas les larves encore cachées à l’intérieur. Dans une enquête présentée par Arvalis, près de 20 % des échantillons infestés ne l’ont été qu’après incubation. La recherche de ces formes cachées demande donc plusieurs tamisages espacés de trois à quatre jours, sur une période pouvant aller jusqu’à 40 jours.

Adapter la suite à l’espèce et à la température

Après une capture, il faut identifier l’espèce et mesurer la température du lot. Les seuils de développement varient : ils se situent généralement autour de 18 à 20 °C pour les espèces étudiées, et autour de 15 °C pour les charançons. Si le grain est encore au-dessus du seuil correspondant, le refroidissement est à privilégier lorsqu’il reste possible. Si le lot ne peut plus être refroidi, une méthode de lutte adaptée à l’espèce peut être envisagée.

L’application Insectes du silo, présentée pendant le webinaire, propose des outils d’identification et des informations sur la biologie et la lutte contre les principales espèces.

Base rédigée à partir du webinaire Arvalis du 20 octobre 2026. Les modalités de pose des pièges restent à adapter aux équipements et à la configuration du silo.