Pesticides : six projets Ecophyto étudient les expositions agricoles et leurs effets
Le colloque Ecophyto « Une seule santé », organisé le 22 octobre 2026 au ministère de l’Agriculture, à Paris, a présenté huit projets de recherche sur les liens entre exposition aux produits phytopharmaceutiques, santé humaine et santé des écosystèmes. Six d’entre eux portent directement sur les milieux et les activités agricoles, des marges de parcelles aux élevages laitiers.
Des expositions suivies des marges agricoles aux élevages laitiers
Porté par l’université de Rennes, EXPOTROPHIQ étudie la contamination des marges herbeuses par dérive et ruissellement. Le projet analyse l’exposition des réseaux trophiques, composés de plantes, de phytophages et d’ennemis naturels, par le sol, l’air et l’alimentation. Il étudie aussi les effets des résidus sur la régulation des ravageurs.
Le projet DANSE mise sur le comportement des abeilles pour repérer des pollutions environnementales. Il développe un système d’analyse automatisée de leur danse, assorti d’une alerte et d’une géolocalisation des zones où leur comportement est altéré. Des analyses d’eau et de pollen doivent ensuite aider à identifier les produits concernés, y compris les mélanges.
En viticulture, TRANSFERT suit le passage de pesticides et de métaux dans une chaîne de prédation reliant les abeilles au frelon asiatique. Le projet recherche aussi ces substances dans le miel et le vin et étudie, en laboratoire, l’effet des mélanges identifiés sur le métabolisme hépatique humain. Il examine le rôle des pratiques viticoles et du paysage dans ces transferts.
Du biocontrôle à l’exposition des éleveuses
BaTHuGUt évalue les effets d’une ingestion chronique de bioinsecticides à base de Bacillus thuringiensis sur l’environnement intestinal et la susceptibilité aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Les travaux s’appuient sur deux modèles, la drosophile et la souris. Les mesures de prévention de l’exposition des consommateurs, comme le lavage des fruits et légumes, ne seraient envisagées qu’en cas d’effet nocif observé.
DAISY_Expo suit une soixantaine d’éleveuses laitières du Grand Ouest pendant six mois, en agriculture biologique et conventionnelle. Le projet caractérise leur exposition à différentes familles de produits, notamment les traitements des cultures, les antiparasitaires et les biocides. Il compare les analyses de cheveux à celles des poils des vaches et explore un éventuel lien entre l’exposition des animaux et leur santé reproductive.
PELyCanO élargit l’étude de l’exposition professionnelle, résidentielle et domestique aux pesticides à la santé humaine. À partir de la cohorte française REALYSA, le projet examine les liens possibles avec la survenue des lymphomes, leur chimiorésistance et leur pronostic. Il ne porte pas spécifiquement sur les agriculteurs.
Le programme comprenait aussi ALL-HEALTHY, une recherche-action territoriale associant habitants, élus et professionnels de santé, et nanoPestIS, qui étudie le devenir et les effets d’un nanopesticide au cuivre.
Les projets décrivent des protocoles et des objectifs de recherche. Leurs fiches ne constituent pas, à elles seules, une présentation de résultats.