NatO, le biostimulant d’Antofénol qui mise sur l’activation physiologique des plantes
Développé par la société Antofénol, NatO est un biostimulant issu d’extraits végétaux conçu pour agir sur les mécanismes physiologiques des plantes. L’entreprise revendique une approche fondée sur la caractérisation des molécules actives et l’analyse génomique, avec des premiers essais conduits en cultures légumières, vigne, arboriculture et maïs.
Un développement inspiré du biocontrôle
Chez Antofénol, le développement de NatO s’inscrit dans la continuité des travaux menés autour du biocontrôle, avec une volonté affichée de documenter les mécanismes d’action du produit avant sa diffusion commerciale.
Le projet est né à la suite d’échanges avec des distillateurs de PPAM de la Drôme provençale, qui cherchaient à valoriser les drêches issues de la distillation. « On a cherché à comprendre ce que pouvaient encore contenir les drêches de distillerie et comment on pouvait les revaloriser », explique Fanny Rolet.
Nous avons testé plus de 3 300 plantes, pour environ 200 à 300 extraits végétaux commercialisés.
Dans ses travaux, Antofénol revendique avoir passé en revue un très large panel de matières premières végétales, avec plus de 3 300 plantes testées dans son programme de recherche. L’entreprise indique également avoir développé et valorisé environ 200 à 300 extraits commercialisés, issus de différents secteurs (cosmétique, alimentaire et agricole). C’est dans cet ensemble qu’a été sélectionné l’extrait à l’origine de NatO. Le produit repose notamment sur deux composés identifiés comme “lead molecules”, l’acide rosmarinique et la lutéoline. La dirigeante, Fanny Rolet, précise que le travail de sélection des chimiotypes et de caractérisation moléculaire a été conduit « sur la même base que l’Antoférine », mais dans des délais plus courts.
Une approche fondée sur l’expression génique
Pour différencier NatO des biostimulants déjà présents sur le marché, notamment ceux à base d’algues, Antofénol affirme avoir travaillé sur l’analyse des voies métaboliques activées par les extraits végétaux testés.
« Les plantes touchées par NatO® montrent une surpression de quatre gènes », indique Fanny Rolet. Ces gènes activent des mécanismes de réponse aux stress abiotiques, notamment stress hydriques, stress liés au gel. Ils sont également impliqués dans l’assimilation de l’azote et dans les réponses antioxydantes.
L’objectif est de stimuler des mécanismes internes à la plante pour lui permettre d’atteindre son potentiel. « On va soutenir la plante en lui envoyant un message clé pour qu’elle prépare sa réponse à un potentiel stress », résume Baptiste Quiot, chargé de la commercialisation du produit.
« On va soutenir la plante en lui envoyant un message clé pour qu’elle prépare sa réponse à un potentiel stress »
Les travaux menés par Antofénol ont permis de caractériser plusieurs mécanismes physiologiques associés à l’action du produit. NatO repose sur un extrait végétal contenant un ensemble de molécules actives, dont certaines sont déjà décrites dans la littérature scientifique pour leurs effets physiologiques sur les plantes. Fanny Rolet évoque ainsi un « cocktail synergique de molécules » susceptible d’interagir avec différentes voies de biosynthèse.
Premiers essais sur salade, vigne et pommier
Des essais ont été engagés avec la CAPL sur vigne et pommier. Sur pommier, l’entreprise rapporte une amélioration de floraison, de nouaison et de fructification ainsi qu’une réduction du phénomène de russeting. Sur vigne, les observations ont porté sur la qualité des grappes et un « effet vert » visuellement identifié en parcelle.
En 2026, des essais complémentaires sont conduits sur tomate et maïs afin d’évaluer d’autres paramètres physiologiques et agronomiques. « Sur tomate, on regarde notamment l’homogénéité du taux de Brix, et sur maïs, on ira jusqu’au rendement », précise Fanny Rolet.
Pour la campagne 2026, le produit est commercialisé sous le statut de SNUB (substance naturelle à usage biostimulant). Antofénol prévoit ensuite de déposer un dossier de marquage CE afin d’obtenir une homologation biostimulant à partir de 2027. « L’objectif est de prouver son activité biologique exactement dans le même état d’esprit que ce que l’on a fait pour l’Antoférine », explique la dirigeante.
Une intégration pensée en complément des programmes culturaux
À la suite d’essais conduits en conditions BPE sur salade en France, en Italie et au Portugal, Antofénol a pu définir un programme d’application. Au champ, les préconisations actuelles reposent sur de faibles doses et un nombre limité d’applications.
« On est entre un et deux litres hectare et entre une et trois applications maximum selon les cultures.A ce niveau, nos résultats montrent une différence significative par rapport aux témoins stressés », détaille Fanny Rolet. L’idée est d’intégrer le produit dans les programmes existants, en mélange ou lors des passages déjà prévus.
Pour Baptiste Quiot, la performance du produit ne repose pas uniquement sur son application, mais également sur la qualité de l’itinéraire technique déployé à l’échelle de la parcelle : « Une plante dont l’activité physiologique est stimulée par NatO utilise plus efficacement les ressources mises à sa disposition et se trouve dans les meilleures conditions pour exprimer pleinement son potentiel ».
L’ équipe d’Antofénol souligne toutefois que plusieurs campagnes d’essais seront encore nécessaires pour préciser les effets selon les cultures et les contextes agronomiques. « Il nous faudra encore quelques saisons pour le connaître sur le bout des ongles », reconnaît Fanny Rolet.