Enrobage de semences : les biosolutions cherchent l’effet combiné
Le lancement par Lidea et Agronutrition d’un enrobage associant bactéries, extrait protéique et micronutriments illustre l’évolution des biosolutions appliquées sur les semences. En concentrant plusieurs modes d’action autour de la graine, ces technologies cherchent à améliorer l’implantation et l’efficience azotée. Les références indépendantes disponibles invitent toutefois à vérifier leur régularité au champ.
Plusieurs modes d’action réunis autour de la graine
Les enrobages de semences ne se limitent plus à une fonction de protection ou à l’apport d’un seul biostimulant. Certaines solutions cherchent désormais à réunir plusieurs actifs capables d’intervenir sur le sol, les racines et le métabolisme de la plante.
Cette évolution est illustrée par le lancement, fin juillet 2026, de Nitro Boost par Lidea et Agronutrition by DSG. Issue de cinq années de recherche et développement, cette technologie associe un consortium de bactéries, un extrait protéique ainsi qu’un complexe nutritionnel composé de zinc et de manganèse. Elle est développée pour le maïs et les céréales.
L’intérêt de l’application sur la semence réside dans la proximité immédiate entre les actifs, la graine et la future rhizosphère. Les microorganismes et composés biostimulants peuvent ainsi intervenir dès la germination, avec des quantités réduites par rapport à une application sur l’ensemble de la parcelle. Ils visent notamment à stimuler le développement racinaire, à rendre certains éléments nutritifs plus accessibles ou à améliorer leur utilisation par la plante.
Lidea indique avoir évalué sa technologie sur 33 sites entre 2022 et 2025. Le semencier annonce des gains de rendement de 2,5 à 4,1 q/ha selon les situations et estime que l’enrobage pourrait compenser une réduction de 20 à 40 unités d’azote. Ces résultats sont toutefois issus d’essais internes dont le communiqué ne détaille ni les différentes modalités ni l’analyse statistique.
Une efficacité qui reste dépendante des situations
Les références indépendantes obtenues avec des produits antérieurs montrent que l’application d’un biostimulant sur la semence ne garantit pas, à elle seule, un bénéfice agronomique. Dans sept essais conduits en 2019 et 2020 sur maïs, Arvalis n’avait relevé aucun effet significatif de huit solutions sur la levée, la vigueur, la précocité ou le rendement.
Le constat était similaire dans huit essais réalisés par Terres Inovia sur tournesol. Les deux enrobages étudiés, dont l’un associait déjà une bactérie et un extrait végétal, n’avaient pas produit d’effet significatif sur le démarrage ou le rendement. L’institut soulignait que le choix variétal pesait davantage dans les écarts de performance observés.
Ces essais ne permettent pas de préjuger de l’efficacité des nouvelles combinaisons, mais ils rappellent l’importance de disposer de témoins issus du même lot de semences et de références couvrant plusieurs conditions pédoclimatiques. La conservation des microorganismes sur la graine, leur compatibilité avec les autres traitements et le coût de la technologie devront également entrer dans l’évaluation.
Pour les nouvelles générations d’enrobages, le défi ne sera donc pas seulement d’additionner les actifs, mais de démontrer dans quelles situations leur combinaison apporte un résultat suffisamment régulier pour être intégré au conseil.