4 questions à Boualem Saidi, directeur du développement EMEA chez Elicit Plant
Avec la nomination de Boualem Saidi au poste de directeur du développement EMEA chez Elicit Plant, l’entreprise AgTech française renforce ses ambitions d’expansion internationale. Fort de près de 30 ans d’expérience chez Bayer Crop Science et d’un parcours marqué par le pilotage de marchés en Europe, en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, il aura pour mission d’accélérer le développement commercial du groupe dans la région EMEA.
L’innovation au service de la résilience agricole
Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre ce nouveau poste ?
« Je me sens très lié au monde agricole, puisque j’en suis issu. Mais ce qui m’a vraiment poussé à rejoindre Elicit Plant, c’est le constat que j’ai fait ces dernières années. En travaillant notamment en Europe centrale et orientale, en Roumanie, j’ai été témoin très concret des effets du changement climatique : des sécheresses successives, des événements extrêmes qui se multiplient en quelques années seulement.
L’agriculture est fortement impactée, les agriculteurs doivent adapter leurs façons de travailler. On ne peut plus continuer comme avant, ce n’est plus durable. Il faut développer des stratégies de résilience et d’adaptation. Dans ce contexte, il y a un enjeu clair : continuer à produire suffisamment pour nourrir une population mondiale croissante, avec des ressources naturelles de plus en plus contraintes, notamment l’eau.
Je suis convaincu qu’il faut accompagner les agriculteurs avec une boîte à outils. Aucune solution n’est miraculeuse, mais certaines, comme celles d’Elicit Plant, peuvent aider à mieux gérer les situations de stress hydrique et renforcer la résilience. J’avais déjà été en contact avec ces technologies et convaincu par la science derrière. Rejoindre Elicit Plant, c’était pour moi une manière de combiner mon expérience des marchés et une innovation utile pour les agriculteurs. »
Quel sujet vous semble aujourd’hui le plus déterminant dans votre métier ?
Le vrai enjeu des années à venir, c’est de répondre aux besoins alimentaires d’une population croissante tout en gérant une transition climatique de plus en plus complexe.
« Pour moi, le sujet fondamental reste la mission de l’agriculture : nourrir la planète, assurer une alimentation suffisante, de qualité et accessible à tous. Mais cette mission doit aujourd’hui s’accomplir en réduisant l’impact sur l’environnement et en préservant les ressources naturelles, notamment l’eau et la biodiversité.
On est entré dans une phase où l’on peut produire tout en diminuant cet impact. C’est là que je crois à l’agriculture régénératrice et aux approches innovantes. Le vrai enjeu des années à venir, c’est de répondre aux besoins alimentaires d’une population croissante tout en gérant une transition climatique de plus en plus complexe. Et dans ce contexte, l’innovation est clé. Des entreprises comme Elicit Plant peuvent contribuer, avec des solutions scientifiques et technologiques, à accompagner cette transformation.
Si je devais résumer, l’enjeu, c’est de maintenir des niveaux de production équivalents tout en réduisant par exemple la consommation d’eau. »
Qu’aimeriez-vous qu’on retienne de votre manière de travailler ?
« Avec mon expérience de près de 30 ans dans l’agriculture et plusieurs pays, deux choses m’ont toujours guidé. D’abord, le sens : ce que je fais doit être utile, à la fois pour la société et pour moi. J’ai besoin de me lever le matin en me disant que mon travail contribue à répondre aux grands défis agricoles.
Je suis convaincu que les meilleures décisions viennent du travail en réseau et de la diversité des points de vue.
Ensuite, le collectif. Je fonctionne beaucoup avec les équipes, les partenaires, dans une logique d’intelligence collective. Je suis convaincu que les meilleures décisions viennent du travail en réseau et de la diversité des points de vue.
Donc, du sens et du collectif : ce sont les deux piliers de ma manière de travailler. »
À quoi ressemble un matin idéal pour vous ?
« Je ne suis pas forcément un grand matinal. Je commence ma journée autour de 6h30 ou 7h. J’ai besoin d’un moment calme avant de démarrer, sans téléphone, avec un café. C’est un temps pour moi, pour prendre du recul et visualiser la journée.
Je suis quelqu’un de très visuel, donc j’aime noter, structurer, me projeter sur une ou deux priorités. Quand je peux, j’aime aussi faire un peu d’activité physique, comme marcher le long de la Garonne. Ça me permet de clarifier les idées et de démarrer la journée plus sereinement.
Ensuite, je prends un moment de transition avant d’attaquer les réunions. Et je commence souvent par un point avec l’équipe pour être aligné sur les priorités. Mon seul regret, c’est de ne pas toujours réussir à intégrer davantage cette partie physique, même si je sais qu’elle m’aide beaucoup. »