Agrostratégie

« L’Indice de régénération des sols, un point de départ objectif », Léa Lugassy (PADV)


Pour Léa Lugassy, Directrice Scientifique & Technique de l’Association Pour une Agriculture du Vivant, l’Indice de régénération des sols constitue avant tout un support de dialogue. Basé sur un score sur 100, il permet de situer objectivement une exploitation, de hiérarchiser les priorités et d’engager une trajectoire de progrès, en s’appuyant à la fois sur la science et sur les retours d’expérience terrain.

« L’Indice de régénération des sols, un point de départ objectif », Léa Lugassy (PADV)
« L’Indice de régénération des sols, un point de départ objectif », Léa Lugassy (PADV)

Un score pour objectiver la santé des sols

L’Indice de régénération des sols est pensé comme un véritable support de dialogue. « C’est un point de départ objectif pour situer l’exploitation et construire une trajectoire de progrès, explique Léa Lugassy, Directrice Scientifique & Technique de l’association Pour une Agriculture du Vivant. Le score sur 100 permet d’ouvrir la discussion sur des bases factuelles, sans jugement, et de hiérarchiser les priorités. »

L’approche se veut pragmatique et progressive. « Nous avons choisi une démarche humble. L’agroécologie est une science encore récente et notre outil évolue grâce à notre comité scientifique, à partir des retours terrain », détaille Léa Lugassy. L’idée n’est donc pas d’imposer un modèle, mais d’accompagner pas à pas, en s’appuyant sur des leviers accessibles et adaptés au contexte de l’exploitation. Les retours d’expérience des agriculteurs sont aussi mis en avant, en fonction du contexte géographique et du système de culture évalué. « Cela permet d’avoir de nouvelles idées ou de se conforter dans de nouvelles pratiques, en montrant ce qui fonctionne, ou pas, sur le terrain. ».

Vers une reconnaissance scientifique et économique

Pour les équipes terrain, l’IR permet aussi de sécuriser le discours technique. « Une démarche agronomique ne peut pas faire l’impasse sur la santé du sol », rappelle-t-elle. En remettant le sol au centre des décisions, cet indice aide à structurer un conseil cohérent entre fertilité, gestion des ravageurs et performances économiques.

Enfin, l’outil devient un levier stratégique pour les filières. Avec une publication scientifique dans la revue Sustainable Futures en janvier 2026 et son intégration progressive dans certains dispositifs de rémunération publics et privés, il renforce la légitimité des distributeurs dans l’accompagnement de la transition. « L’objectif est d’être incitatif pour les agriculteurs, de mutualiser les risques et de valoriser les pratiques vertueuses », conclut Léa Lugassy.

Avec plusieurs milliers de diagnostics déjà réalisés, l’Indice de régénération des sols s’installe progressivement comme support structurant de la transition agronomique. Des formations sont accessibles à toutes les structures sur le site agroecologie.org.