Nappes phréatiques : 61 % des niveaux restent sous les normales
Au 1er septembre 2026, 90 % des niveaux des nappes phréatiques restent en baisse et 61 % se situent sous les normales mensuelles. La situation demeure également critique pour les petits cours d’eau, dont 44 % des points observés sont en rupture d’écoulement ou en assec. Des restrictions d’usage restent parallèlement en vigueur dans de nombreux territoires.
Un léger mieux sans inversion de tendance
L’absence de pluie efficace et les prélèvements estivaux ont entretenu la vidange des nappes pendant le mois d’août. Selon le bilan publié le 8 septembre par le BRGM, 61 % des points d’observation présentent désormais un niveau inférieur aux normales mensuelles. Cette proportion atteignait 63 % fin juillet et 64 % au 15 août.
Ce léger recul ne traduit cependant pas une reprise généralisée des niveaux. Fin août, 90 % des points suivis étaient encore en baisse, 8 % restaient stables et seulement 2 % affichaient une hausse. Les réactions observées après les dernières pluies demeurent trop limitées pour annoncer le début de la recharge.
La situation reste également beaucoup moins favorable qu’un an auparavant. Au 1er septembre 2025, 44 % des niveaux se trouvaient sous les normales, contre 61 % cette année. Le bilan demeure toutefois moins préoccupant qu’en 2022 à l’échelle nationale, à l’exception notamment du Massif central, du Jura, des Vosges et du nord de l’Alsace.
Les contrastes territoriaux restent marqués. Les niveaux sont très bas dans les nappes du socle limousin, des calcaires du Jura et de la plaine nord d’Alsace. Les nappes du socle armoricain et du Bassin aquitain se sont dégradées depuis le 15 août et présentent désormais des niveaux bas. À l’inverse, la nappe de la Vistrenque conserve un niveau haut, tandis que celles des calcaires de Beauce et d’Armagnac restent modérément hautes.
La recharge dépendra des pluies efficaces de l’automne
Les pluies orageuses du mois d’août ont généralement peu profité aux eaux souterraines. Sur des sols secs et avec une végétation encore active, une grande partie de l’eau est interceptée ou évapotranspirée avant d’atteindre les nappes. La recharge ne pourra réellement commencer qu’après la réhumidification des sols et le retour de précipitations suffisamment régulières.
La fin progressive de l’irrigation et la diminution des autres usages estivaux devraient néanmoins ralentir la vidange. Celle-ci devrait se poursuivre au moins pendant le mois de septembre, notamment dans les nappes inertielles, qui réagissent lentement aux précipitations.
Pour la période de septembre à novembre, les prévisions saisonnières envisagent des températures supérieures aux normales sur l’ensemble du territoire. Un scénario plus humide est possible sur la façade atlantique, mais aucune tendance ne se dégage pour les précipitations dans les autres régions. Le niveau atteint au début de l’hiver dépendra donc moins des premières averses de septembre que de leur capacité à devenir réellement efficaces pour la recharge.
Restrictions et cours d’eau restent sous tension
Le léger mieux observé dans certaines nappes ne s’est pas encore traduit par une levée générale des restrictions. Consultées le 9 septembre, les cartes de VigiEau montrent que des arrêtés préfectoraux restent en vigueur pour les prélèvements dans les eaux souterraines et superficielles, ainsi que pour l’alimentation en eau potable. Leur niveau, de la vigilance à la crise, peut différer dans un même territoire selon la ressource et l’usage concernés. Pour l’irrigation, la règle applicable doit donc être vérifiée localement, les arrêtés pouvant évoluer rapidement.
La persistance de l’étiage est également visible dans les petits cours d’eau. Au 1er septembre, l’Office français de la biodiversité recensait 1 424 cours d’eau de tête de bassin en rupture d’écoulement ou en assec, soit 44 % des points observés par le réseau ONDE. C’est 290 de plus qu’un an auparavant et 30 de plus qu’en 2022. Les situations les plus critiques s’étendent de la Vendée au Grand Est, avec une dégradation accrue en Bretagne, dans les Pays de la Loire et dans le nord de la Nouvelle-Aquitaine. Les orages estivaux n’ont pas inversé la tendance, tandis que la durée de la sécheresse accroît la pression sur les écosystèmes aquatiques.