Céréales : surveiller les cicadelles dès la levée
Les premiers bulletins de santé du végétal de la campagne 2026-2027 montrent des situations contrastées. Dans les Hauts-de-France, le BSV du 27 octobre signale quatre parcelles avec des captures de cicadelles sous le seuil indicatif, dont une à 26 captures. En Centre-Val de Loire, le premier BSV céréales du 20 octobre faisait état de trois parcelles dépassant 30 captures hebdomadaires en Indre-et-Loire. Pour suivre ce ravageur, les observations doivent commencer dès l’implantation des céréales.
Un suivi à mettre en place dès le semis
La cicadelle Psammotettix alienus transmet le virus responsable de la maladie des pieds chétifs. Comme les jeunes céréales sont sensibles aux contaminations, le suivi commence dès le semis, puis se poursuit après la levée. Les situations ne sont pas uniformes d’une région ou d’une parcelle à l’autre : les BSV donnent une tendance régionale, mais ne remplacent pas l’observation au champ.
Les conditions douces, ensoleillées et peu pluvieuses favorisent l’activité des cicadelles. Une vigilance particulière est donc nécessaire lorsque ces conditions se maintiennent, notamment sur les semis précoces. Le BSV des Hauts-de-France recommande de commencer la surveillance des pucerons et des cicadelles à partir du stade « une feuille vraie » de la céréale.
Poser un piège jaune dès le semis
Le piégeage permet de suivre l’activité des cicadelles dans la parcelle. Arvalis recommande une plaque jaune engluée de format A4, posée au sol et inclinée d’environ 30°, à plus de 20 mètres de la bordure. Le piège est installé dès le semis et relevé chaque semaine ; une lecture deux fois par semaine peut faciliter le suivi des captures.
À chaque relevé, il est utile de noter le nombre de captures, la date, le stade de la céréale et les conditions météorologiques. Ces éléments permettent de suivre l’évolution de l’activité et de comparer les observations successives. Le seuil indicatif de risque retenu par Arvalis est de 30 cicadelles capturées en une semaine. Pour un suivi deux fois par semaine, un écart d’une vingtaine de captures entre deux relevés constitue également un repère.
Observer la parcelle aux heures chaudes
En l’absence de piège, une observation directe est possible lors d’une journée ensoleillée, pendant les heures les plus chaudes. Le conseiller parcourt la parcelle en cinq endroits et repère les cicadelles qui sautent devant lui. Arvalis considère qu’une forte activité, avec au moins cinq cicadelles observées à chacun de ces cinq endroits, justifie une intervention.
La couleur seule ne permet pas d’identifier avec certitude Psammotettix alienus, car d’autres cicadelles peuvent lui ressembler. Le BSV des Hauts-de-France du 27/10/2026 précise que l’identification peut s’appuyer sur les cinq bandes blanches visibles sur le thorax, à l’aide d’une petite loupe. Sur piège, il faut donc veiller à ne pas confondre cette espèce avec d’autres insectes capturés.
Croiser les captures avec les observations locales
Le seuil de 30 captures hebdomadaires est un repère de décision, à interpréter avec le stade de la culture, les conditions météo et les observations dans la parcelle. Les BSV permettent de situer les captures dans le contexte régional ; le suivi local aide à repérer les parcelles où l’activité se maintient. Arvalis indique que la surveillance peut être arrêtée après deux semaines consécutives sans capture, mais recommande de la poursuivre si les conditions restent favorables à l’activité des cicadelles.
La destruction des repousses de céréales et des graminées sauvages fait partie des leviers préventifs, car elles peuvent héberger les virus. Le choix de la date de semis peut aussi limiter la concomitance entre les jeunes céréales et la période d’activité des cicadelles, sans dispenser d’un suivi à l’automne.
Pour aller + loin : https://www.arvalis.fr/infos-techniques/observer-les-cicadelles-pendant-la-periode-la-plus-chaude-de-la-journee