Intrants
&
biosolutions

Cinq leviers pour mieux valoriser les apports d’engrais


Limiter les pertes, favoriser l’absorption des nutriments et ajuster les apports : les fournisseurs interrogés par Agro Matin mettent en avant cinq leviers pour améliorer l’efficience de la fertilisation. Ces pistes ressortent de notre enquête Engrais 2026.

Cinq leviers pour mieux valoriser les apports d’engrais
Cinq leviers pour mieux valoriser les apports d’engrais

L’efficience, un défi agronomique et économique

ICL cite « l’amélioration de l’efficience des nutriments » parmi les défis à venir, sous l’effet de la pression sur les coûts de production et des évolutions réglementaires. Lhoist évoque également la sécurisation des approvisionnements et la maîtrise des coûts. L’entreprise veut « aider les agriculteurs à mieux valoriser chaque unité fertilisante apportée ».

Hello Nature cite les projets d’efficience des nutriments, ou NUE (nutrient use efficiency), parmi les enjeux du secteur. Leur développement dépend, selon l’entreprise, du prix et de la disponibilité des engrais minéraux.

Limiter les pertes d’azote après l’apport

Les inhibiteurs d’uréase visent à limiter les pertes d’azote par volatilisation ammoniacale. Fertinagro indique que sa technologie Duramon ralentit l’hydrolyse de l’urée et améliore ainsi l’efficience de l’azote apporté. Efisoil Urea reprend ce principe pour la solution azotée, en ciblant la fraction uréique.

Fertinagro a aussi fait évoluer Duramon vers Duramon+, qui associe l’inhibiteur d’uréase à un biostimulant non microbien. La combinaison doit, selon l’entreprise, « limiter les pertes d’azote après l’apport et favoriser une meilleure valorisation de l’azote par la culture ».

Associer biostimulants et fertilisants

Les biostimulants sont présentés comme un complément à la fertilisation. Lhoist positionne sa gamme Nanéos sur la valorisation de l’azote et le fonctionnement racinaire. OvinAlp associe nutrition et biostimulation microbienne dans ses produits K4PACITY et A6UP, qui visent à capter l’azote atmosphérique, solubiliser le phosphore et améliorer la disponibilité des nutriments.

Compo Expert met en avant les bacillus, qui solubilisent les éléments fertilisants, et les extraits d’algues, qui favorisent le développement racinaire. L’entreprise présente ces solutions comme des moyens d’améliorer l’accès des plantes aux nutriments disponibles dans le sol.

Corriger le pH pour mieux valoriser les apports

Lhoist estime qu’une part importante des parcelles françaises présente un pH acide, susceptible de limiter l’efficacité de l’azote et du phosphore. « Un pH corrigé permet de valoriser les unités déjà apportées », indique l’entreprise.

Ses solutions Oxyfertil visent à corriger l’acidité des sols et à apporter de la magnésie. Lhoist leur attribue également un effet sur le développement racinaire et l’assimilation des nutriments.

Entretenir la fertilité du sol

OvinAlp défend une approche qui consiste à « nourrir le sol pour mieux nourrir la plante et renforcer le capital sol ». L’entreprise développe des produits visant à réduire les doses d’azote, de phosphore et de potassium « tout en maintenant la même efficacité et la même productivité ».

Hello Nature considère que les engrais organiques et organo-minéraux « ont un rôle à jouer » dans les projets d’efficience des nutriments. Son projet Care4Soil prévoit des analyses de sol pour aider à choisir les pratiques de fertilisation et de nutrition.

Raisonner et ajuster les doses

Veolia rappelle que « l’azote minéral reste le point le plus sensible ». L’entreprise mise notamment sur la fertilité des sols, les couverts végétaux, l’évolution des pratiques culturales et les outils numériques pour ajuster les doses.

Frayssinet met à disposition l’OAD Fertissimo pour réaliser un plan prévisionnel de fertilisation. Rovensa Next travaille sur des formulations destinées à « utiliser moins d’engrais pour une efficacité similaire ». Fertinagro, enfin, fournit aux équipes de distribution des indicateurs de performance de la fertilisation. Au-delà du choix d’un produit, ils consacrent une partie de leur R&D aux mécanismes d’absorption et d’assimilation des nutriments, ainsi qu’au fonctionnement des cultures « en conditions suboptimales ».

Concepts clés et définitions : #Biostimulants

Ces positions ressortent d’une enquête d’Agro Matin menée auprès de 18 fournisseurs, du 01/09/2026 au 15/10/2026.