Aléas climatiques : les fournisseurs d’engrais font de la robustesse des cultures un axe stratégique
Cet article est référencé dans notre dossier :
Engrais : face à de nouveaux équilibres
Manque ou excès d’eau, gels tardifs, stress des cultures, dégradation des sols : face aux aléas climatiques, les fournisseurs d’engrais font de la robustesse des cultures un axe stratégique pour maintenir leurs performances.
Le climat pèse sur les cultures et les sols
EuroChem Agro France cite le changement climatique parmi les principaux défis du marché des engrais. Il relève ses effets sur les cultures et les assolements, notamment sur le maïs grain. Veolia rapporte que ses clients, distributeurs, agriculteurs et industriels de l’agroalimentaire, s’inquiètent de « la réduction des rendements, de la dégradation des sols ». Pour l’entreprise, le défi consiste à proposer « des solutions technico-économiques à coûts maîtrisés et prévisibles ».
Biostimulants et azote face aux stress hydriques
Plusieurs fournisseurs mettent en avant les biostimulants. Compo Expert a lancé en 2026 un produit associant microalgues et macroalgues. L’entreprise fait état de résultats « significatifs » sur la capacité de la vigne à résister aux « cinq vagues de chocs climatiques vécues en 2026 ». Elle juge les premiers résultats « très encourageants ».
OvinAlp travaille sur la résistance au stress hydrique avec des biostimulants microbiens et non microbiens disposant d’une AMM. Lhoist cible aussi les situations de stress et l’efficience nutritionnelle, avec des solutions axées sur « la valorisation de l’azote et le fonctionnement racinaire ». ICL décrit ses biostimulants Beoz comme « capables d’agir au plus près de l’activité moléculaire de la plante pour favoriser des réactions positives face à un stress ».
La fertilisation azotée constitue un autre levier. EuroChem Agro France relève un « intérêt accru » pour sa gamme Entec, qu’il associe à l’amélioration de la fertilisation dans des conditions climatiques difficiles, en cas de manque comme d’excès d’eau.
Préserver les sols et détecter les stress
Veolia met en avant le rôle de la matière organique : « L’apport régulier de matière organique est indispensable pour notamment améliorer la rétention d’eau et renforcer la résilience des cultures face aux épisodes de sécheresse extrême », déclare l’entreprise. Elle estime que « le marché doit accélérer sa transition ».
Les outils numériques peuvent également aider à ajuster les apports. Veolia développe une offre reposant sur les technologies de Vegetal Signals. « La mesure en temps réel de l’activité électrique des plantes » permettrait de détecter précocement les stress hydriques et sanitaires. Compo Expert développe de son côté des logiciels et des applications pour aider les équipes, les distributeurs et les utilisateurs à choisir un biostimulant selon les aléas climatiques. OvinAlp résume cette évolution par le passage à « une agriculture plus robuste, qui s’appuie sur le capital sol pour mieux nourrir les plantes et faire face aux aléas ».
Ces positions ressortent d’une enquête d’Agro Matin menée auprès de 18 fournisseurs, du 01/09/2026 au 15/10/2026.