Cadmium : les seuils à intégrer dans la fertilisation dès 2027
À compter du 01/01/2027, la teneur en cadmium des engrais phosphatés sera plafonnée à 60 mg/kg de P₂O₅. Une limite d’apport à l’hectare s’appliquera parallèlement, avant deux nouvelles baisses annoncées pour 2028 et 2030.
Deux seuils à prendre en compte à partir de 2027
La réglementation ne portera pas seulement sur la composition des engrais. À partir du 01/01/2027, les fertilisants contenant au moins 5 % de P₂O₅ en masse brute ne pourront pas dépasser 60 mg de cadmium par kilogramme de P₂O₅. En dessous de 5 %, la limite sera exprimée par rapport à la matière sèche et fixée à 3 mg/kg.
Un second seuil encadrera les quantités apportées aux sols. Pour les matières fertilisantes des catégories A1 et A2, l’arrêté « flux » retient un apport annuel de référence de 3 g de cadmium par hectare. Le responsable de la mise sur le marché devra prévoir des instructions d’utilisation compatibles avec cette valeur, que l’utilisateur devra respecter.
À titre de repère, un apport de 50 kg de P₂O₅/ha avec un engrais situé au plafond de 60 mg/kg représente 3 g de cadmium/ha. Le calcul dépendra toutefois de la teneur réelle du produit et devra tenir compte des différents fertilisants utilisés.
Jusqu’à 9 g/ha lors d’un apport ponctuel
Pour les utilisateurs professionnels, le texte permet de dépasser ponctuellement la référence de 3 g/ha, dans la limite de 9 g/ha. La fréquence d’utilisation devra alors être adaptée afin que la moyenne annuelle calculée entre deux applications ne dépasse pas 3 g/ha. Cette disposition peut notamment concerner des matières apportées à intervalles de plusieurs années.
Le cadmium est naturellement présent dans certaines roches phosphatées. Une fois apporté, il peut s’accumuler dans les sols et être transféré vers les cultures. L’Anses recommande de limiter à 2 g/ha/an les apports provenant de l’ensemble des matières fertilisantes.
Un objectif de 20 mg/kg de P₂O₅ en 2030
Le Gouvernement prévoit d’abaisser le plafond applicable aux engrais phosphatés à 40 mg de cadmium/kg de P₂O₅ au 01/01/2028, puis à 20 mg/kg au 01/01/2030. L’arrêté correspondant doit toutefois être notifié à la Commission européenne. Le calendrier pourra être adapté selon les solutions techniques disponibles, les conséquences socioéconomiques et la sécurité d’approvisionnement en fertilisants.
Les textes publiés le 02/10/2026 instaurent plus largement des limites communes pour les contaminants présents dans les fertilisants, y compris certaines matières issues du recyclage. Elles concernent notamment les éléments traces métalliques, les HAP, les PCB, les dioxines, les impuretés et certains micro-organismes pathogènes.