Limagrain obtient 300 M€ pour accélérer la sélection de variétés plus résilientes
La Banque européenne d’investissement accorde un prêt de 300 M€ à Limagrain pour soutenir ses programmes de recherche en semences de grandes cultures et potagères. L’objectif : développer des variétés mieux adaptées au stress hydrique, aux maladies et à la réduction des intrants.
Des programmes de sélection centrés sur la résilience des cultures
Le groupe coopératif Limagrain a signé, le 28 mai à Paris, un accord de financement de 300 M€ avec la Banque européenne d’investissement (BEI). Ce prêt direct, accordé dans le cadre du programme InvestEU, doit soutenir les activités de recherche et développement de sa filiale Vilmorin & Cie dans les semences de grandes cultures et potagères.
Ce financement, présenté comme le plus important jamais accordé par la BEI à un acteur agricole, intervient dans un contexte où l’adaptation des variétés aux aléas climatiques et à la réduction des intrants devient un enjeu central pour les filières. Il s’agit du deuxième prêt de la BEI au groupe, après une première enveloppe de 170 M€ accordée en 2020.
es investissements doivent notamment contribuer au développement de variétés plus résistantes à la sécheresse et aux maladies, moins dépendantes des intrants et capables de maintenir leur performance économique dans des conditions de production plus instables.
« Notre ambition est claire : donner aux agriculteurs les moyens d’absorber les chocs climatiques et géopolitiques sans décrocher économiquement », explique Sébastien Chauffaut, directeur général de Limagrain.
Les programmes concernés couvrent sept espèces en grandes cultures et 43 espèces potagères. Pour les conseillers agricoles, cette orientation confirme le poids croissant des critères de tolérance aux stress, de régularité de rendement et d’efficience des intrants dans le choix variétal. Ces caractéristiques devraient prendre une place accrue dans les références techniques et les recommandations formulées auprès des producteurs.
Quatrième semencier mondial, Limagrain rassemble 1 300 agriculteurs adhérents et emploie 9 500 collaborateurs dans 53 pays, dont 2 200 chercheurs. Sur l’exercice 2024-2025, le groupe a réalisé près de 2,45 Md€ de chiffre d’affaires et consacré 324 M€ à la recherche et développement.
Un financement européen pour renforcer l’innovation semencière
Pour Limagrain, ce prêt traduit également une reconnaissance de son modèle coopératif et de sa capacité à investir dans l’innovation à long terme. « C’est un signal fort accordé à Limagrain pour semer les graines de la souveraineté sur l’ensemble du continent européen », estime Sébastien Vidal, président du groupe coopératif.
La BEI entend, de son côté, renforcer son intervention dans les secteurs considérés comme stratégiques pour l’Union européenne, parmi lesquels l’adaptation au changement climatique, l’innovation et la compétitivité. « Nous finançons à peu près 100 Md€ de projets par an, qui correspondent aux grandes priorités européennes », rappelle Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI. La lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ses effets représentent environ 60 % de ces financements.
Dans l’agriculture, la banque européenne indique financer chaque année entre 6 et 7 Md€ de projets. Fin 2024, elle avait également lancé une enveloppe de 3 Md€ de prêts intermédiés dans l’agriculture et la bioéconomie, avec l’objectif de mobiliser 8,4 Md€ d’investissements.
Au-delà du cas Limagrain, cet accord illustre la montée en puissance des financements européens dédiés à l’innovation agricole. Pour les filières, l’enjeu sera de transformer ces investissements de recherche en solutions variétales adaptées aux contraintes de terrain, accessibles aux producteurs et cohérentes avec les trajectoires de réduction des intrants.