Maïsk : un OAD pour intégrer le risque climatique dans le conseil maïs
Nominé au concours Make IT Agri, le projet Maïsk propose une approche originale de la prise de décision en maïs. Son objectif : aider conseillers et agriculteurs à intégrer le risque climatique dès l’implantation, en raisonnant moins en rendement maximal qu’en sécurisation économique.
Passer d’un conseil technique à un conseil en gestion du risque
À l’origine du projet, Shane Tao, issue d’une formation en mathématiques à l’Université Paris-Saclay, s’est intéressée à l’incertitude climatique en agriculture. Lancé avec Anis Slimani, étudiant en design UI/UX, le projet est aujourd’hui porté par Shane Tao. « Pour le maïs, culture particulièrement sensible, le besoin prioritaire n’est pas seulement d’optimiser le rendement, mais de sécuriser le revenu des agriculteurs », explique-t-elle.
L’outil repose sur un simulateur mobilisant données climatiques historiques et modèles agronomiques. Il explore de nombreux scénarios pour identifier les stratégies qui limitent le risque de pertes importantes. Une approche qui change la logique du conseil : il ne s’agit plus seulement de viser la performance, mais d’intégrer la variabilité climatique dans les décisions.
Un outil pour construire des stratégies de semis
Concrètement, Maïsk agit sur deux leviers clés du conseil en maïs : la date de semis et le mix variétal. L’outil simule différentes combinaisons et met en évidence celles qui réduisent l’exposition aux aléas. « Là où les autres outils suivent l’état de la culture, nous construisons une stratégie de couverture dès l’implantation pour neutraliser les risques climatiques », souligne la porteuse du projet. Cette approche peut conduire à des arbitrages différents, en acceptant parfois une légère baisse du rendement moyen pour éviter les situations les plus défavorables.
Un support pour objectiver les échanges avec les agriculteurs
Pour les conseillers, l’intérêt est aussi pédagogique. L’outil permet de visualiser les niveaux de risque associés à chaque scénario et d’appuyer les recommandations. « Au lieu de donner une recommandation unique, le conseiller devient un expert en gestion de scénarios », indique Shane Tao. L’objectif est de faciliter le dialogue avec l’agriculteur, en rendant plus lisibles les conséquences de chaque choix. L’interface, conçue comme une “boîte noire”, vise à rester simple d’utilisation : l’utilisateur renseigne ses paramètres (localisation, surface, variétés, date de semis) et obtient des propositions de stratégie.
Le projet cible en priorité les situations les plus exposées au risque climatique, comme les systèmes en maïs non irrigué. Dans ces contextes, l’outil peut aider à sécuriser les décisions en amont de la campagne. Sa mise en œuvre reste toutefois dépendante de la qualité des données locales, nécessaires pour calibrer les simulations.
Une validation terrain encore à construire
À ce stade, Maïsk est encore en phase de développement. Si un prototype fonctionnel existe, les résultats reposent pour l’instant sur des simulations. Des essais en micro-parcelles sont envisagés pour valider l’intérêt agronomique et économique des stratégies proposées. Un passage indispensable pour favoriser l’appropriation par les conseillers et les agriculteurs. « Des résultats terrain seront essentiels pour convaincre », reconnaît la porteuse du projet.
La participation au concours Make IT Agri a permis d’initier des contacts et de mieux cerner les attentes du secteur. L’objectif est désormais de nouer des partenariats pour tester l’outil en conditions réelles. À terme, Maïsk ambitionne de s’intégrer dans les pratiques de conseil, en apportant un nouvel éclairage : celui de la gestion du risque climatique appliquée au maïs.